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14 mars 2018 : L’empoisonnement d’un ancien espion russe en Grande-Bretagne accentue encore les tensions entre l’Occident et la Russie

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La chronique de Victor Loupan, journaliste.

L’empoisonnement d’un ancien espion russe en Grande-Bretagne accentue encore les tensions entre l’Occident et la Russie. On parle de plus en plus d’une nouvelle guerre froide.

Les tensions entre la Russie et les pays alliés des Etats-Unis est forte. Mais on ne peut d’après moi, parler de guerre froide. Pendant la guerre froide, l’affrontement entre les Etats-Unis et l’URSS était global. Il s’agissait de deux superpuissances. Aujourd’hui, la Russie n’est pas une superpuissance. Pendant la guerre froide, l’opposition entre les Etats-Unis et l’URSS impliquait l’ensemble des pays du globe. Aujourd’hui, les chamailleries entre Washington et Moscou laissent indifférents l’immense majorité des pays.

De quoi s’agit-il alors ?

Nous sommes dans ce que les Américains appellent « containment ». Il s’agit de contenir la Russie. Au XIX siècle, les puissances européennes tentaient déjà de freiner son expansion. La guerre de Crimée en fut un exemple, mais il y en avait d’autres.

A la chute de l’URSS, la Russie s’est trouvée à terre, son économie en lambeaux, son statut dégradé, son armée inopérante. En politique étrangère, elle s’alignait sur le Département d’Etat américain. Le président Clinton avait des fous rires quand il rencontrait le président Eltsine. Les Russes se sentaient humiliés. Et c’est sur ces entrefaites qu’est arrivé au Kremlin Vladimir Poutine. Et les choses ont changé. La Russie est redevenue un acteur important sur la scène internationale.

La Russie de Poutine est-elle une nouvelle URSS ? Certains le disent.

C’est très excessif ! L’URSS voulait changer la face du monde. La Russie n’a ni la volonté ni les moyens de le faire. Simplement, la montée en puissance russe correspond à la perte d’influence américaine. Economiquement, les Etats-Unis ont une supériorité écrasante sur la Russie. Mais pas politiquement. Et c’est cela qui inquiète les Etats-Unis et leurs alliés européens. Sans parler des progrès russes sur le plan militaire.

Pourtant le budget militaire américain est infiniment supérieur au russe.

Il est même supérieur à ceux des dix pays suivants mis ensemble ! Mais malgré ces moyens inouïs, les Etats-Unis qui mènent sans cesse des guerres, ne parviennent à en gagner aucune. C’est aussi pourquoi, les succès des troupes russes en Syrie inquiètent. Tout comme leurs nouvelles capacités de projection.

Sommes-nous dans une sorte d’avant-guerre ? Certains le disent.

Nous sommes plutôt dans un processus de redistribution des cartes. Aujourd’hui, c’est la Russie qui joue le rôle du méchant. Mais demain, cela pourrait être la Chine. Les Chinois s’y préparent déjà.

Et l’Europe dans tout cela ?

Pour le moment, l’Europe suit les Etats-Unis. Encore que le président Macron tente de mener une politique qui tient compte du rapport des forces. Nous verrons bien.

La réélection de Poutine, ce week-end, les élections à venir en Ukraine et en Turquie, le Brexit, les extravagances de Trump, le chaos proche-oriental, tout cela peut changer la donne du tout au tout et à tout moment.

D’après moi, nous ne sommes pas dans une guerre froide, mais dans une guerre de l’information d’un type nouveau. Information et désinformation se confondent. Les médias électroniques et la puissance d’internet sont des armes du XXI siècle. C’est cela qui est nouveau. Une attaque informatique, aujourd’hui, est un acte de guerre. D’où la panique autour des hackers russes et des fake news.

Nous sommes dans une nouvelle dimension.

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