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29/09/2019 : La gratuité du noble désintéressement de Saint Élisée convertit au vrai Dieu

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Bonjour. En étudiant la Tradition Catholique, on redécouvre combien la gratuité est le fruit d’un noble désintéressement, le signe d’une rencontre avec le vrai Dieu. Cette Tradition Catholique est en fait très ancienne. Prenons un exemple : connaissez vous le prophète Élisée ?

Cela vaut la peine de dresser un portrait de ce saint homme[1], dont le nom hébreu signifie « Dieu est salut ». Il était fils de Shafath, un riche cultivateur d’Abel-Mehola dans la vallée du Jourdain. Prophète de l’ancienne Loi, il devint le disciple et successeur du prophète Elie[2] qui le consacra sur ordre du Yahvé[3]. Il a renoncé à tout pour suivre gratuitement Élie. Héritier de son charisme prophétique, il va exercer son ministère pendant environ cinquante ans[4] dans le Royaume du Nord, sous les règnes successifs de 4 rois.[5] Avec ce noble désintéressement qui saisissait le cœur de tous ceux qui l’approchaient, il exhortait inlassablement les Israélites, rois, puissants ou gens du peuple, à se détourner des dieux étrangers, Baal et Astarté, qui se répandaient depuis la scission entre le royaume de Juda et le royaume d’Israël. Saint Élisée les invitait à retourner au culte du seul vrai Dieu. Comme son maître Élie, il manifesta la véracité de sa prédication par des miracles qui, par la force de l’Esprit de Dieu, renversait les lois naturelles, témoignant de la grâce qui accompagne ceux qui adorent le vrai Dieu. On se rappelle que le Christ, lors sa première prédication dans la synagogue de Nazareth, fait justement référence à saint Élisée lors de la guérison de Naamân le Syrien[6]. Ce qui nous intéresse ici, c’est que cette guérison du syrien est à l’origine de sa conversion. Pourquoi ? Car Naamân était païen, et puissant général en chef de l’armée du roi d’Aram, Benhadad II. Un personnage très important donc qui jouissait de la faveur de son prince et du peuple syrien. Or il était lépreux et n’arrivait pas à se faire guérir dans son pays, qui était alors un ennemi militaire d’Israël, et dont le roi offrait holocauste et sacrifice à d’autres dieux qu’à Yahvé.

En pratique : Qui que nous soyons, si nous n’arrivons plus à pratiquer dans notre entreprise, dans nos œuvres sociales ou dans l’Eglise le noble désintéressement d’une gratuité authentiquement chrétienne, méditons la figure du puissant Naamân le Syrien. Ayons, nous aussi, l’humilité de demander notre guérison à saint Élisée.

[1] nous suivrons ici l’analyse de l’abbé Fillion dans son commentaire sur Isaïe, La Sainte Bible commentée d’après la Vulgate, Letouzey et Ané, 1925, tome II

[2] au IXème siècle av. J.-C

[3] Cf (1R, XIX)

[4] (850-800 av. J.C.)

[5] Joram, Jéhu, Joachaz et Joas.

[6]  (Luc IV. 25-30).

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