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15 novembre 2020 : Par le repentir et le retour à Dieu nous pouvons retrouver la mémoire de la gratuité – partie I

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Bonjour à tous. Par le repentir et le retour à Dieu nous pouvons retrouver la mémoire de la gratuité. Vous savez, nous ne pouvons saisir la gravité de qui est en train de se passer tant que l’on n’aura pas compris que perdre la gratuité, c’est perdre la vie. Dès que l’insécurité alimentaire et sanitaire touche les pays Occidentaux eux-mêmes, ils deviennent des sujets de préoccupations politiques et médiatiques majeurs. Mais pourquoi l’Occident est-il si frileux lorsqu’il s’agit de sauver 100 millions de personnes, qui chaque année, tombent dans la pauvreté parce qu’elles doivent payer les soins sanitaires[1] et que la faim dans le monde est toujours en progression[2] ? Prenons un exemple concret : une mère de famille pauvre qui a un travail stable à Madagascar, ce qui est très rare, et qui ne peut allaiter, ce qui est très fréquent, doit dépenser une année de salaire brut pour donner un verre de lait par jour à son enfant malnutri [3] contre seulement deux journées de travail en Europe.[4] Vraiment, est-ce que nous trouvons cela juste ? Comment réagirions-nous si cela était le quotidien dans notre famille, ici, en Occident ? Oh vous savez, il existe une contre-culture à la gratuité, c’est celle de la croissance économique à tout prix. Car fournir des prestations sociales de base à tous les pauvres coûterait moins de 2% du PIB mondial d’après l’ONU. Mais prenons un autre exemple. Une seule injection d’un nouveau traitement médical, récemment autorisé aux Etats-Unis, pouvant améliorer le quotidien des enfants atteints d’amyotrophie spinale (SMA), une maladie génétique rare, coûte 2,1 millions de dollars, du moins pour ceux qui peuvent payer. [5] Alors vous voyez, la civilisation occidentale est devenue post chrétienne non seulement par ce qu’elle se glorifie d’avoir abandonné sa foi, mais parce que malgré de bonnes volontés ici ou là, elle abandonne en réalité ceux qui ne lui rapportent pas assez en prétendant exercer la justice sans la gratuité. Oh je n’ignore pas que les changements d’ordre moral ne se sont pas faits du jour au lendemain dans l’histoire de la charité. Mais j’en suis témoin, pour avoir fermé mon cœur moi-même pendant tant d’années alors que je construisais ma carrière, que le repentir peut toujours germer à tout moment, même dans les cœurs les plus endurcis et les consciences les plus anesthésiées. Combien de fois j’ai vu ce miracle se réaliser en visitant ces religieuses et ces prêtres héroïques dans les bidonvilles. Je témoigne ici que leur gratuité pour les pauvres ne vient pas de la terre et a le pouvoir de provoquer chez beaucoup un sincère repentir et un appel urgent à se laisser guérir par le Christ. Alors chers amis, en pratique et d’ici à Dimanche prochain, n’oublions pas que faire le minimum sur terre pour éviter l’enfer ne suffit pas pour aller au Ciel. Rappelons-nous que perdre la gratuité c’est perdre la vie, et que par le repentir et le retour à Dieu nous pouvons retrouver la mémoire de la gratuité, c’est-à-dire, retrouver le chemin du Ciel.

 

[1] Presque 2 milliards de personnes manquent d’accès aux médicaments essentiels

[2] La faim dans le monde affectait 821,6 millions de personnes dans le monde en 2018, contre 811 l’année précédente. (source : OMS)

[3] Le kilos de lait en poudre importé atteint 40 à 50 $ à Madagascar comme à Haïti par exemple. Puisqu’un un verre de lait par jour nécessite 27,4g de lait en poudre selon les normes de l’OMS, soit 10kgs de lait en poudre pour une année, il en coûte donc 400 euros. Or le salaire mensuel malgache est inférieur à 30 euros par mois, et pour la très grande part des pauvres qui n’ont qu’un travail au jour le jour, saisonnier de surcroît, cette somme est bien moindre malgré des journées éprouvantes, 7 jours sur 7.

[4] Si on prend un salaire moyen européen brut estimé à 2400 euros, cela représente environ 2 jours de travail.

[5] Voyez l’étude de la TRS en Suisse https://www.rts.ch/info/economie/11074972-comment-une-piqure-pour-soigner-des-bebes-peut-couter-2-millions-de-francs.html

Commentaires

  1. Merci beaucoup pour votre belle chronique du 15 novembre pleine de justesse.

    Peut-être pourriez-vous également suggérer à votre collègue Charles-Eric Hauguel de s’abstenir de faire de la publicité pour Amazon dans son émission Chants, musique et liturgie. Cette grande entreprise détruit peut-être plus de valeur qu’elle n’en crée, sans parler des doutes que l’on peut émettre quant à l’équité avec laquelle la valeur créée est redistribuée.

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