Osons la gratuité

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Émission du 12 octobre 2018 : l’enjeu de faire mémoire de la gratuité dans la Tradition Catholique

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I. Que dit la Foi Catholique face à l’oubli de la gratuité ?

La gratuité est une doctrine catholique parce que l’Église est la mémoire de la gratuité de Dieu. Nourrie des Ecritures saintes et de la Tradition apostolique, la Foi catholique peut transmettre, dans son intégralité et dans toute son authenticité, la bonne nouvelle du don gratuit que fait le Christ de sa vie sur la Croix par amour pour nous. Cet évangile de la gratuité vient libérer l’homme de son péché, lui permettant de redevenir ce pourquoi il a été conçu par Dieu[1].

Relativiser ou rejeter le devoir de pratiquer la gratuité pour ceux qui sont dénués de tout va de pair avec la perte du sens de la justice et de Dieu, du péché et du jugement. L’homme contemporain qui oublie la gratuité de l’amour dont il est aimé par Dieu est progressivement privé de son identité, et ne peut plus trouver le sens de sa propre vie. Si la gratuité vient à manquer, la vie elle-même vient à manquer et l’homme meurt.

II. La mémoire de la gratuité a-t-elle complètement disparue ?

Non heureusement : la doctrine de la gratuité continue de se manifester dans le monde grâce à la transmission du témoignage des apôtres et par la vie des saints. Dans le chaos spirituel et la confusion morale actuels, il est urgent d’annoncer que  la mémoire vivante et maternelle de la gratuité de Dieu comme de l’histoire de l’homme n’a pas disparue : elle est conservée par l’Église.

Cette transmission active des mystères de la gratuité de Dieu dans l’histoire se réalise par ce que l’on appelle la Tradition.[2] Transmettre la mémoire de la gratuité de Dieu est le cœur de ces chroniques de la gratuité à Radio Notre Dame.

III. Qu’apporte la Tradition Catholique sur ce sujet de la gratuité face aux autres confessions chrétiennes ?

De nombreuses traditions chrétiennes, en raison de leur foi différente, ont oublié ce qu’était la gratuité des premières communautés chrétiennes.

Parfois elles transmettent de façon partielle la gratuité pratiquée par le Christ et ses apôtres. Même au sein de la Tradition Catholique, on passe sous silence les enseignements du Christ sur la place de l’argent et du salaire dans la vie de l’Église, en contradiction avec le témoignage de la vie des grands saints de l’histoire du Christianisme.

Toutes les traditions chrétiennes sont donc invités à reconnaître que « la mémoire de Marie est celle de l’Église » et qu’elle peut servir ici, « une fois encore, à faire retrouver à l’homme sa propre identité à cheval sur des millénaires »[3] Saint Jean Paul II explique que cette mémoire de l’Église « est aussi une mémoire maternelle, parce qu’elle –même est mère, une mère qui se souvient » et dans une large mesure, elle « garde ce qui était présent dans les souvenirs de Marie »[4].

 On peut dire que la Tradition Catholique est « la mémoire vivante » de la gratuité du don que le Christ fait de sa vie parce qu’elle a vécu avec la Vierge Marie les évènements douloureux « de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, de son Corps et de son Sang »[5].

La foi catholique nous rappelle qu’au fond, à travers la recherche de la gratuité dans notre prochain, l’âme est en train de chercher inconsciemment l’équivalent de Dieu.

Oui, la gratuité, c’est l’éternité du don de Dieu ici-bas.

 

[1] cf Benoît XVI, Caritas in Veritate, n°34

[2] du latin tradere, transmettre

[3] Cf Jean-Paul II, Mémoire et Identité, Flammarion, 2005, p.182

[4] ibid p. 178

[5] ibid p. 174

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