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5 avril 2020 : Pourquoi inviter les pauvres, les estropiés, les boiteux, et les aveugles à nos réceptions – partie II

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Bonjour à tous ! Poursuivons notre réflexion entamée dimanche dernier : la culture issue de la charité chrétienne est elle oui ou non l’antidote qui peut encore sauver la civilisation occidentale de la tombe qu’elle a creusée elle – même ?[1]  L’Occident post chrétien acceptera t’il de se reconstruire en refondant ses constitutions et ses institutions en se laissant instruire par le Christ et de son unique église apostolique et catholique ? Soit l’Occident s’agrippera dans un élan désespéré au culte de ses idoles pensant se sauver par lui même, soit il acceptera d’écouter les religieuses et les prêtres qui vivent dans les bidonvilles et les monastères lui rappeler la règle d’or de la réciprocité de la gratuité, qui seule peut rendre l’homme digne d’obtenir ces vrais biens que sont le Salut et la Justice, et que le Christ a résumée dans cet admirable abrégé de son évangile : «Ainsi, tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes » [2]

Vous voyez, en ce sens, le rappel de la gratuité qui est due aux pauvres par le catholicisme n’a pas d’autre objectif en ces temps troublés que d’arracher l’homme au culte des idoles pour le sauver en le conduisant, avec sa participation active, à la connaissance de la Trinité. L’homme ne peut en effet se sauver qu’en participant sur terre à la gratuité de l’amour qui vient de Dieu et qui est l’Esprit Saint lui même. Or mépriser cet avertissement, c’est mépriser les pauvres et inversement. Car comme Saint Grégoire de Nysse l’affirmait déjà « Gardez-vous donc de mépriser les pauvres, comme s’ils n’avaient droit à rien. Réfléchissez à ce qu’ils sont, et vous reconnaîtrez bientôt leur dignité et leur valeur. Ils sont revêtus de l’image de Jésus-Christ, ils sont les héritiers des biens futurs, les portiers du ciel, de puissants accusateurs et d’éloquents défenseurs, sans avoir besoin de prendre la parole, mais par leur seule présence devant le Juge suprême. » [3]

Alors, en pratique, soyons très attentifs dans ces temps troublés à l’invitation de Jésus Christ d’abandonner à notre tour les idoles de cette civilisation occidentale qui s’effondre sous nos pas. C’est bien en invitant les pauvres qui ne peuvent rien nous rendre, par amour de Jésus Christ qui s’identifiera à eux le jour du jugement dernier[4] , que nous contribuons à notre propre salut. Invitons nos contemporains, tant que Dieu nous en laisse encore le temps,  avec les mots de saint Jean Chrysostome, à recevoir les pauvres « sur la terrasse de votre maison exposée aux rayons du soleil [5]Si cela vous répugne, recevez au moins Jésus-Christ dans les places inférieures où sont vos animaux et vos serviteurs, que le pauvre soit au moins le portier de vos demeures; car le démon n’ose entrer là où on fait l’aumône; et si vous ne consentez à les faire asseoir près de vous, envoyez-leur au moins les miettes de votre table. » [6]

[1] Voyez la chronique de la gratuité « Pourquoi inviter les pauvres, les estropiés, les boiteux, et les aveugles à nos réceptions – partie I »

[2] Cf (Mt VII, 12)

[3] Saint Grégoire de Nysse, commentaire de (Lc XIV, 13-14) cité par saint Thomas d’Aquin dans Catena Aurea

[4] Relisez sur ce point le chapitre XXV de l’évangile en saint Matthieu

[5] (Jos 2, 6; Jg 16, 27; 1 R 9, 15; 2 R 11, 2; 16, 11)

[6] Saint Jean Chrysostome, commentaire de (Lc XIV, 13-14) cité par saint Thomas d’Aquin dans Catena Aurea et homélie 45 sur les Actes.

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