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12 janvier 2021 : « un long travail de consentement qui les conduit à une paix intérieure, et à un amour inconditionnel de leur enfant, tel qu’il est »

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Le 8 décembre dernier, le Pape François inaugurait une année spéciale dédiée à Saint Joseph, avec une lettre apostolique, « Patris corde », qui fait penser aux pères d’enfants handicapés.

« Chaque nécessiteux, chaque pauvre, chaque souffrant, chaque moribond, chaque étranger, chaque prisonnier, chaque malade est ‘l’enfant’ que Joseph continue de défendre. » Ces mots sont extraits de cette Lettre apostolique du Pape François. J’aurais effectivement envie d’ajouter à cette longue liste chaque papa d’enfant handicapé. Car on trouve dans ce que le Pape décrit de Saint Joseph de nombreux points sur lesquels ces papas d’enfants handicapés sont travaillés, bousculés, transformés. Leur chemin est souvent rugueux. La bienveillante protection de Saint Joseph ne leur est pas de trop !

Là aussi, nombre de papas d’enfants handicapés se reconnaîtront dans ce long travail de consentement qui les conduit à une paix intérieure, et à un amour inconditionnel de leur enfant, tel qu’il est.

Par exemple, il reconnait à Joseph, « d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour domestique, dans la surhumaine oblation de soi, de son cœur, et toute capacité d’amour mise au service du Messie ». Remplacez le nom de « Messie » par « enfant handicapé », et beaucoup de papas se reconnaîtront. Tous ces gestes d’amour, petits et grands, ces renoncements, oublis de soi, que l’accueil de l’enfant handicapé a provoqués relèvent de ce surhumain don de soi. Ou encore, le pape écrit que Joseph nous enseigne, je cite encore « qu’avoir foi en Dieu comprend également qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, nos faiblesses ». Combien de papas ai-je entendu dire qu’ils se sont sentis incapables de faire face, ont eu envie de fuir ! Et de faire preuve de la même confiance et du même courage créatif que le Pape prête à Joseph.

Le pape dit aussi que Joseph a eu à s’adapter sans cesse à des imprévus souvent dramatiques. Et il fait mention des évènements qui, comme pour Joseph, surviennent dans nos vies, dont nous ne comprenons pas la signification, et qui provoquent chez nous déception ou révolte ; c’est souvent le cas quand le handicap fait irruption. « Joseph, dit-il, laisse de côté ses raisonnements pour faire place à ce qui arrive, l’accueille, en assume la responsabilité, et se réconcilie avec sa propre histoire. » Là aussi, nombre de papas d’enfants handicapés se reconnaîtront dans ce long travail de consentement qui les conduit à une paix intérieure, et à un amour inconditionnel de leur enfant, tel qu’il est. C’est le plus beau don qu’un père peut faire à son fils ou à sa fille.

Alors oui, en cette année dédiée à Saint Joseph, les papas de personnes handicapées peuvent, sans réserve aucune, s’inspirer de lui, pour découvrir jour après jour, comme Joseph avec Jésus, que cet enfant handicapé qui les bouscule tant, tire de leur cœur de père tout l’amour dont ils ne se croyaient pas capables.

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