Lumière de l'Orthodoxie

Podcasts

31 mai 2020 : Nous ne sommes plus voués à la corruption éternelle – Evangile de la gloire de Dieu – La charité cachée est celle qui plaît à Dieu (3/3)

20161102_124322

CHANTS

« Semaine Sainte et Pâques – Holy Week & Easter » par le Choeur St Etienne de Dechani, sous la direction de Tamara Petijevic.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Nous ne sommes plus voués à la corruption éternelle

« Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. » C’est ainsi que l’évangéliste St Marc rapporte l’Ascension que nous venons de fêter jeudi dernier. Ou, comme le dit St Grégoire le Grand : « En montant au ciel avec son humanité, le Seigneur a uni le ciel et la terre, en sa divinité. Ce que nous fêtons, frères très aimés, poursuit St Grégoire, c’est la suppression du jugement qui nous condamnait à la corruption éternelle. » [fin de citation] Eh oui, souvenons-nous, dans la Genèse, après la désobéissance d’Adam et Eve, Dieu dit :  « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. » En revanche, à l’Ascension, en montant avec son corps, Jésus nous montre clairement ce qui nous attend à la fin des temps : la résurrection des corps !

Mais attention : le Christ, qui est monté au Ciel, vient de laver les pieds de ses disciples et de souffrir sa Passion pour nous. Quand Il reviendra, à la fin des temps, Il sera le Juge qui nous demandera : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Celui qui est monté au ciel plein de douceur reviendra avec exigence. « Qu’aucun des liens d’ici-bas ne nous entrave, conclut St Grégoire, nous qui avons un Père dans les cieux. Même si nous sommes ballottés par les affaires de ce monde, que notre âme recherche la vraie lumière. Pensons sérieusement à ce que nous croyons. Malgré la faiblesse de la nature humaine qui nous retient encore ici-bas, que l’amour nous attire à lui. Car nous sommes sûrs que Jésus Christ, qui nous a inspiré ce désir, ne décevra pas notre espérance. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche des Sts Pères œcuméniques, avant la Pentecôte (Jean 17, 1-13)

En ce temps-là, Jésus, après avoir dit à ses disciples « Courage, J’ai vaincu le monde ! », leva les yeux au ciel, et dit : « Père, l’Heure est arrivée ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, et que, selon le pouvoir que Tu lui as accordé sur toute chair, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu lui as confiés. Ceci est la vie éternelle : qu’ils te connaissent, Toi le seul véritable Dieu et celui que Tu as envoyé en ce monde, Jésus-Christ. Moi, Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que Tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, Toi, Père, auprès de toi, de la gloire qu’avant que le monde ne fût, J’ai auprès de toi. J’ai manifesté ton Nom aux hommes que, du monde, Tu m’as donnés ; ils étaient à toi et Tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que Tu m’as donné vient de toi, car Je leur ai donné les paroles que Tu m’as données et ils les ont reçues, et ils ont connu en vérité que Je suis issu de toi et ils ont cru que c’est Toi qui m’as envoyé. Moi, Je prie pour eux ; Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que Tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et Je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde ; et Moi Je viens à toi. Père saint, garde-les en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, pour qu’ils soient un comme Nous. Lorsque J’étais avec eux dans le monde, Je les gardais, Moi, en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, et Je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que s’accomplît l’Écriture. Mais, maintenant, Je vais vers toi et Je dis cela dans le monde pour qu’ils aient en plénitude la joie qui est la mienne ! »

*          *          *

Homélie :  En ce dimanche qui précède la glorieuse Descente de l’Esprit, le Fils et Verbe de Dieu s’adresse à son Père, Source de la Divinité et source de la vie personnelle ou hypostatique en celle-ci. Du Père, le Fils procède par conception ou engendrement, et l’Esprit procède par jaillissement. Dans l’évangile selon saint Jean, nous entendons plus d’une fois le Fils parler de l’Esprit à ses apôtres et disciples. Mais, dans l’évangile de ce jour, dans cette grande prière que le Fils adresse au Père, il n’est question que de l’Esprit alors que Celui-ci n’est pas nommé directement. En effet, le Fils l’appelle Consolateur quand Il parle de lui aux hommes. Ici, parlant de lui au Père, Il le désigne de façon indirecte, car « Esprit » n’est pas le nom propre de Celui qui jaillit du Père. Saint Syméon le Nouveau Théologien le dit : on ne connaît pas son Nom. Nous l’appelons Esprit et Seigneur, ce qui veut dire Dieu ; nous l’appelons Vivificateur : c’est son action la plus manifeste. Nous l’appelons « Roi céleste », parce qu’Il fait régner le Verbe ; c’est en lui que le Verbe règne, en sorte qu’Il est non seulement Roi céleste, mais également royauté céleste du Verbe. L’Esprit, pour ainsi le nommer, est Roi et Royaume. Et le Verbe, annonçant la glorieuse Pentecôte, évoque l’Esprit par des expressions successives : Glorification du Fils par le Père et du Père par le Fils (17, 1), car l’Esprit est celui en qui et par qui le Père et le Fils se reconnaissent comme Père et comme Fils et en qui et par qui Ils se rendent hommage mutuellement ; l’Esprit est le témoin atemporel de l’amour mutuel du Père et du Fils. Il l’appelle Pouvoir sur toute chair (2), car l’Esprit est la Royauté sans domination du Roi des nations, pouvoir sans pouvoir démontré par la Croix : le Christ, Verbe fait chair, a irradié continuellement en sa vie terrestre cette puissance de l’Esprit, « une force sortait de lui et guérissait tous », écrit saint Luc ; ce pouvoir charismatique signale que le Verbe est habité par l’Esprit qu’Il appelle encore Vie éternelle (2), puisqu’Il est celui qui vivifie, qui a conçu humainement le Verbe en la Mère de Dieu, et qui l’a ressuscité selon la volonté du Père ; Il l’appelle Connaissance du Père et du Fils (3), car c’est par l’Esprit que l’homme sonde la profondeur insondable de la Divinité ; Il l’appelle Accomplissement sur terre par le Fils de l’œuvre du Père (4), car l’Esprit porte à la perfection la volonté du Père manifestée dans le Fils ! Il l’évoque encore comme Gloire atemporelle de lui-même le Fils auprès du Père (5). Surtout, Il le nomme Joie et Plénitude de la joie (13) ! La venue parmi les hommes du Fils unique et Verbe de Dieu a pour enjeu le don du saint Esprit. Le Ressuscité est le Donateur de l’Esprit. Dans la semaine qui commence, semaine « épiclétique » s’il en est, demandons avec ferveur ce grand Don puisque le Fils veut nous l’offrir : l’Esprit, Joie en Personne ; l’Esprit, joie parfaite du Père et du Fils ; l’Esprit, allégresse des anges et jubilation des hommes ! L’Esprit, offrande du Fils de la part du Père !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La charité cachée est celle qui plaît à Dieu (3/3)

Nous achevons aujourd’hui le récit de Jean Moschos sur la sainteté cachée du patriarche d’Alexandrie, Apollinaire. Vous vous souvenez, Apollinaire veillait sur le fils d’un notable décédé. Le jeune homme avait hérité d’une grande fortune navale. Mais plusieurs naufrages l’avaient complètement ruiné. Apollinaire voulait l’aider, sans qu’il le sache. Il avait donc fait établir une reconnaissance de dette de cinquante livres d’or, émanant de la très sainte Eglise et en faveur de Macarios, le père de ce jeune homme. Puis il avait demandé au notaire de la donner au jeune homme, comme s’il venait de la retrouver. Le jeune homme était venu la présenter au patriarche qui avait fait semblant d’être embarrassé. Voici la fin de ce récit, écoutez bien :

« Le patriarche Apollinaire dit au jeune homme : ‘‘Pourquoi m’apportes-tu ça ? Ton père est mort depuis plus de dix ans ! Je ne peux pas répondre à ta demande !’’ Et le jeune homme explique qu’il ne connaissait pas cette dette que le notaire a retrouvée en classant des documents. Le patriarche prend la lettre et renvoie le jeune homme en disant : ‘‘J’aviserai.’’ Une semaine plus tard, le jeune homme revient voir le patriarche. De nouveau, celui-ci fait mine de ne rien vouloir payer : ‘‘Pourquoi as-tu tardé à m’apporter ce document ?’’ Le jeune homme répondit : ‘‘Monseigneur, Dieu sait que je n’ai rien pour nourrir ma famille. Quel que soit le geste que Dieu voudra vous inspirer, ayez pitié de moi !’’ Alors le vénérable Apollinaire lui dit, comme s’il accédait à sa prière : ‘‘Je vais te donner toute la somme, mais je t’en prie, mon frère, ne réclame pas d’intérêts à la Sainte Eglise.’’ Le jeune homme se prosterne en disant : ‘‘Tout ce que voudra et ordonnera mon maître, je l’accomplirai. Et si vous voulez réduire le capital, réduisez-le.’’ – ‘‘Non, non, dit le patriarche. Je suis satisfait, si tu nous fais grâce des intérêts.’’ Il fait apporter la somme et donne au jeune homme cinquante livres d’or. Puis il le renvoie en le remerciant pour sa remise des intérêts. ‘‘Voilà la bonne action cachée d’Apollinaire, conclut le notaire qui avait gardé le secret durant la vie du patriarche, et qui ne l’avait révélé que pour faire connaître sa sainteté. Voilà l’un de ses beaux gestes. Voilà comment était sa compassion. Et Dieu aida rapidement le jeune homme de sa bénédiction. Car Il le releva de sa grande indigence. Le jeune homme retrouva son rang et dépassa ses parents, par l’abondance de ses biens. De plus, son âme en fut grandement édifiée.’’ »

Ce récit montre que la charité cachée est celle qui plaît à Dieu

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *