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16 juin 2019 : Le piège de la bonne conscience – Evangile de l’annonce de la Pentecôte – La puissance de l’icône sur le démon

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CHANTS

« Hymnes coptes » par le Chœur de l’Institut d’Etudes Coptes, sous la direction de Michaël Ghattas. L’enregistrement a eu lieu, en 2014, à l’Institut du Monde arabe, à Paris.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Le piège de la  bonne conscience

Nous cherchons tous à avoir bonne conscience. Pourquoi ? De quoi s’agit-il ? A priori la bonne conscience, c’est avoir la certitude intérieure d’avoir raison, de faire les bons choix, d’avoir longuement réfléchi aux tenants et aux aboutissants de nos décisions. Que peut-il y avoir de mieux ? Pourtant nous savons bien que ce n’est pas si simple. La sagesse populaire qui dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions, l’a bien compris.

Et si c’était justement la quête de la bonne conscience qui était le problème. Certes le Christ nous dit : « Soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait. » Mais Il ne nous dit pas de nous prendre pour Dieu ! La bonne conscience ne serait-elle pas le voile dont s’enveloppe notre prétention à remplacer Dieu ?  Le Christ nous a mis en garde contre cette dérive. Dès que nous avons bonne conscience, nous ressemblons au pharisien de la Parabole qui l’oppose au publicain. La bonne conscience refuse la complexité des choses, et on la retrouve dans tous les camps. Au nom de la bonne conscience, nous pouvons nous entredéchirer. Si nous ne mettons pas la Parole du Christ en acte, si nous nous contentons de la proclamer, nous risquons de la dénaturer. C’est auprès des plus petits que Notre Seigneur nous attend pour voir si nous mettons vraiment en œuvre ce qu’Il nous dit. Là, la bonne conscience s’effrite, et nous découvrons que nous devons toujours nous faire pardonner… même le bien que nous faisons.

Que le Saint-Esprit dont nous fêtons la venue aujourd’hui nous préserve de la bonne conscience !

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de Pentecôte, (Jean 7, 37-52 0 à 8, 12.)

En ce temps-là, le dernier jour de la fête des Tentes, le grand jour, Jésus était là et Il s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi ! Comme l’a dit l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive ». Jésus dit cela de l’Esprit que recevraient ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Alors, dans la foule, certains de ceux qui avaient entendu ces paroles disaient : « Celui-ci est vraiment le Prophète. » D’autres disaient : « Celui-ci est le Christ. » Il y en avait qui disaient : « Est-ce de Galilée que viendrait le Christ ? N’était-il pas dit dans l’Écriture que c’est de la semence de David, et de Bethléem, la localité d’où était David, que viendrait le Christ ? » Il y eut donc division dans la foule à cause de Jésus. Certains d’entre eux voulaient se saisir de lui, mais nul ne porta la main sur lui. Les gardes vinrent donc vers les grands prêtres et les pharisiens, et ceux-ci leur dirent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Aucun être humain n’a jamais parlé comme parle cette personne. » Les pharisiens leur répondirent alors : « Auriez-vous, vous aussi, été égarés ? Parmi les autorités ou les pharisiens, en est-il un seul qui ait cru en lui ? Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, elle est maudite ! » L’un des leurs, Nicodème, qui était venu vers Jésus auparavant, leur dit : « Notre loi condamne-t-elle quelqu’un, avant de l’avoir entendu et d’avoir su ce qu’il fait ? » Ils lui répondirent : « Toi aussi serais-tu de Galilée ? Cherche et vois dans les Écritures que de Galilée ne surgit pas de prophète. » Jésus se remit alors à leur parler et dit : « Moi, Je suis la Lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. »

*          *          *

Homélie : L’événement de Pentecôte qui advient en ce jour porte deux richesses de notre tradition juive : Chavouot, fête des moissons, sept semaines après Pessah, est associée au don de la Tora à Moïse, rappelé par les feuillages dont on orne la synagogue ; on y lit le livre de Ruth, une païenne rejoignant le peuple de Dieu. Mais l’évangile de ce jour fait allusion à un autre événement : « le dernier jour de la fête » de Soukkoth, fête des moissons ainsi que des cabanes fragiles où vécut Israël dans le désert. À cette occasion on procédait dans le Temple à une libation de l’eau ; on effeuille dans la synagogue des branches de saule. Les 70 nations du monde y sont appelées à se réunir à Jérusalem. La divine Descente du saint Esprit sur les Apôtres, les disciples et les nations réunies à Jérusalem est ainsi admirablement cohérente avec l’expérience d’Israël ! Les feuillages sont ceux que nous répandons dans nos églises ; la libation de l’eau est reprise par le Messie quand Il s’écrie : « Si quelqu’un a soif, … que boive celui qui croit en moi ! Comme l’a dit l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive » ; et les moissons s’accomplissent dans les fruits de la Résurrection apportés par l’Esprit chez ceux qui croient. Notre pentecôte unit Chavouot et Soukkhot ; elle atteste l’unité et l’unicité profonde du peuple de Dieu. L’Esprit révèle en Jésus Christ la Tora en personne : Celui-ci incarne la Loi qu’Il a donnée au saint prophète Moïse. Il accomplit tout ce qu’Il a dit et enseigné. Et Il ose se désigner Lui-même comme « Lumière du monde », comme Celui qui donne à boire l’Eau vive du saint Esprit. La Pentecôte ecclésiale est ainsi à la fois l’accomplissement du judaïsme et la révélation du Seigneur Verbe et Esprit. Le Fils de Dieu est simultanément le Messie ; Il est la source seconde de l’Esprit qui surgit du Père. Nous le croyons, quand Il parle, car, comme disent justement les gens : « Personne n’a jamais parlé comme parle cet homme. » La Pentecôte est la force de notre foi. L’identité de Jésus Christ est révélée. Croyons en lui, croyons-le sur parole, et nous boirons de cette eau, l’Eau vive. Notre foi personnelle en Jésus Christ fait tout, Il le dit lui-même : « que boive celui qui croit en moi ». Tous n’ont pas l’Esprit. Crois en Jésus Christ, tu goûteras le breuvage de l’Esprit. De plus, crois en lui – mais il faut croire en lui – et tu seras, toi aussi, source seconde de la même Eau vive. L’Esprit jailli du seul Père, sourd du Fils, pour surgir bientôt de ses membres : dans les rameaux de la Vigne mystique coule le sang de l’unique et même Esprit. Qui croit dans le Maître de la Vigne et dans la Vigne elle-même devient le canal de l’Esprit vers le monde assoiffé de justice, de paix, d’amour, de lumière et de sagesse. Notre foi en Jésus Christ – mais, « crois-tu en lui ? » – contribue – ne l’oublions jamais – au salut de la Création et de la société humaine. Nous sommes baptisés pour l’amour du monde !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

La puissance de l’icône sur le démon

Jean Moschos nous rapporte ici un récit édifiant qui montre la puissance de l’icône sur le démon. Il le tient d’abba Théodore l’Eliote qui en a été le témoin. Ecoutez bien :

« Il y avait un moine reclus qui vivait sur le Mont des Oliviers. C’était un vrai lutteur spirituel. Mais le démon de la luxure le harcelait sans relâche. Même l’âge venu, il ne le lâchait pas. Un jour, ce démon l’attaque avec encore plus de violence que d’habitude et le moine sent le découragement le guetter : ‘‘Quand donc me laisseras-tu en paix ? demande-t-il au démon. Renonce à m’accompagner dans ma vieillesse !’’ Et voilà que le démon lui apparaît de manière visible. Ce n’est donc pas un rêve, car le moine est bien éveillé. Et le démon lui dit : ‘‘Jure-moi que tu ne rapporteras à personne ce que je vais te dire, et je ne te ferai plus la guerre.’’ Et le moine reclus jure : ‘‘Par Celui qui habite dans les cieux, je ne répéterai à personne ce que tu vas me dire.’’  Alors le démon lui ordonne : ‘‘Ne vénère pas cette image et je ne te ferai plus la guerre.’’ Or cette image représentait notre Dame sainte Marie Mère de Dieu, tenant devant elle notre Seigneur Jésus-Christ.  Le reclus répond au démon : ‘‘Laisse-moi réfléchir.’’

Et voilà qu’abba Théodore l’Eliote qui habitait dans la laure de Phara lui rend visite le lendemain. Le reclus lui raconte tout. Et abba Théodore lui dit : ‘‘Il s’est vraiment joué de toi, car tu as juré. Mais il vaut mieux pour toi de fréquenter tous les lupanars du pays plutôt que de refuser de vénérer notre Seigneur Jésus-Christ avec sa sainte Mère.’’ Abba Théodore le réconforte et l’encourage avec encore d’autres paroles, puis il rentre chez lui. A peine est-il parti que le démon apparaît au reclus. ‘‘Quoi donc, méchant vieillard ? criaille de démon. Ne m’as-tu pas juré que tu ne le dirais à personne ? Pourquoi as-tu tout révélé à celui qui est venu te voir ? Je te le dis, vieillard de malheur, tu seras condamné comme parjure le jour du Jugement !’’ – ‘‘J’ai juré et j’ai été parjure, je le sais, répond le reclus, mais c’est pour obéir à mon Maître et Créateur que j’ai trahi mon serment. Toi, je ne t’écouterai plus. Car c’est toi qui es à l’origine de ces conseils impies et de ce parjure. Et pour cela, tu devras subir le Jugement imparable !’’ »

En ce jour de la Pentecôte, nous en sommes à notre 300e émission ! Chers frères et sœurs en Christ, nous vous remercions de votre fidélité !

Commentaires

  1. Joyeux 300e anniversaire. Merci et bon courage pour la suite! Que Dieu vous benisse!

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