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15 novembre 2020 : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (1/3) – Evangile du Bon Samariatain – Le pieux abba Stéphane

Victor

CHANTS

« Musique sacrée ancienne de Byzance, Géorgie et Russie » par l’Ensemble de Musique Sacrée Ancienne Sreteniye1999.

Nous recommandons Scholies par le père Alexandre Sinaikov. Il s’agit d’une série de vidéos (cliquez ici) d’une dizaine de minutes chacune pour approfondir votre foi.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (1/3)

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Cette phrase de Jésus a fait couler beaucoup d’encre depuis 2000 ans. Et elle continue particulièrement en ce moment. Les chrétiens rappellent aux autres que la distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel date du Christ et n’existait pas, ni avant lui ni en dehors de lui. Tandis que les autres, se basant sur les manquements de l’Eglise au cours de son histoire, disent que cette distinction a été conquise contre l’Eglise. C’est un mauvais procès, car ce qui importe, c’est le concept lui-même. D’ailleurs, si l’on en discute tellement aujourd’hui, c’est sous la pression des musulmans, de plus en plus nombreux en Europe, et pour qui cette distinction n’a aucun sens. Tandis que les chrétiens l’ont, non seulement intégrée, mais théorisée !  Voyons, par exemple, ce qu’en dit St Hilaire de Poitiers qui a vécu au IV siècle : « Si nous n’avons à notre disposition rien qui vienne de César, nous sommes affranchis de l’obligation de lui rendre ce qui est à lui. Mais si nous jouissons des choses placées sous son domaine, et si nous usons des droits que nous garantit son autorité, nous n’avons aucun sujet de nous plaindre de l’obligation de rendre à César ce qui est à César.  En revanche, il faut rendre à Dieu ce qui vient de Dieu, c’est-à-dire le corps, l’âme et la volonté.

 La monnaie de César, c’est la pièce d’or sur laquelle est gravée son image. Mais la monnaie de Dieu, c’est l’homme lui-même sur lequel Dieu a empreint son image. Donnez donc vos richesses à César, mais réservez pour Dieu seul la conscience que vous avez de votre innocence. »

Nous poursuivrons cette réflexion, la semaine prochaine.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Le bon Samaritain (Luc 10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un légiste se leva et dit à Jésus pour l’éprouver : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Dans la Loi qu’est-il écrit? Comment lis-tu ? » Celui-ci répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même ». Jésus lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela et tu vivras ». Mais l’autre, voulant être justifié, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »

Répondant Jésus dit : « Quelqu’un descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba dans les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait par cette route : il le vit, changea de côté et passa. De même un lévite, arrivant à cet endroit, l’aperçut, changea de côté et passa. Mais un Samaritain qui faisait la route arriva près de lui : il le vit et son cœur se serra. Il s’approcha, pansa ses plaies et y versa de l’huile et du vin ; puis il le prit sur sa propre monture et le conduisit dans une auberge, où il prit soin de lui. Le lendemain, il prit deux deniers, les donna à l’aubergiste et dit : Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose en plus, moi je te rembourserai à mon retour. Lequel de ces trois, à ton avis – demanda Jésus – s’est montré le prochain de la personne tombée aux mains des brigands ? » L’autre dit : « C’est celui qui lui a fait miséricorde ». Alors Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, tu feras de même ! »

*         *          *

Homélie : En ce premier dimanche du jeûne de la Nativité, le message évangélique nous rappelle que notre religion est celle de l’amour. Elle n’est pas celle du pur et de l’impur : ni la femme hémorroïsse de dimanche dernier, impure dans le contexte de l’époque, ni le blessé du bord de la route dont s’écartent, parce qu’il est impur, le prêtre et le lévite, ne définissent la vie religieuse telle que la renouvelle le Christ. Celui-ci n’est ni un soutien de l’archaïsme religieux, marqué par les oppositions du sacré et du profane et du pur et de l’impur – oppositions qui, c’est regrettable, persistent aujourd’hui -, ni le fondateur d’une religion nouvelle appelée christianisme, ni l’instaurateur de rites nouveaux. Le confinement qui nous est donné à vivre à nouveau nous permet de renouer avec l’essence même de la vie religieuse : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, au-delà du pur et de l’impur, prolongement de l’unique rite que nous ait confié directement le Christ – le sacrifice eucharistique, « faites ceci en mémoire de moi ». L’épître de saint Jacques, le premier évêque de l’histoire de l’Église, le confirme : « la religion pure et sans tache devant Dieu le Père » est le service du prochain. L’évêque de Jérusalem insiste : la foi sans les œuvres est morte. La foi seule ne sauve pas. Le Christ aussi le dit dans l’évangile de la fin des temps : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matt 25, 40). La religion n’a pas très bonne presse par les temps qui courent. Justement, le temps de l’Avent, ce carême de Noël, et le nouveau confinement, constituent des opportunités providentielles. Le Seigneur nous invite à réévaluer notre conception de la religion et notre comportement religieux. La dimension rituelle et sacramentelle sera un peu moindre, encore que nous continuons à célébrer, même à effectifs très réduits, le saint sacrifice aussi régulièrement que possible, conscients de célébrer pour le Salut du monde. Mais, une place plus importante est offerte à l’amour fraternel, au service de ces innombrables pauvres qui habitent nos pays et la planète. Ne cessons de penser à tous les misérables qui sont à notre porte, et dont Lazare est le porte-parole. Pourtant, cette religion où la pratique prouve la vérité de la foi, n’est pas un simple moralisme. Nous ne suivons pas une morale humaine, des préceptes humanitaires généraux. Non : nous suivons le Seigneur Christ, sa parole et son exemple : « va, et, toi aussi, fais de même… », nous dit-Il. Le dévouement au prochain découle de notre amour pour le Christ et de notre foi en lui. Nous sommes les membres de son corps, Il est notre Tête, et nous sommes les instruments et les agents de son amour dans le monde. Aujourd’hui, dans un monde secoué par le fléau, un monde où l’on décapite et où l’on poignarde presque tous les jours, l’amour du Christ pour l’homme se répand par le ministère de ses disciples, et de ces innombrables personnes qui, le sachant ou ne le sachant pas, font la volonté du Père et se penchent sur l’humanité blessée gisant sur la grande route de la condition humaine. Les commandements sont des énergies divines qui nous propulsent à la ressemblance du Christ.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le pieux abba Stéphane

Jean Moschos nous rapporte ici plusieurs faits étonnants de la vie du vénérable Stéphane qui était prêtre de la laure des Eliotes. Ecoutez bien :

« Un jour que Stéphane se trouve dans sa cellule, le démon lui inspire des pensées en lui disant : ‘‘Va-t-en ! Tu n’as aucun intérêt à rester ici !’’ Mais Stéphane répond au démon : ‘‘Je ne t’écoute pas. Je sais qui tu es. Tu ne veux pas voir quelqu’un sauvé. Mais Christ, le Fils du Dieu vivant, te brisera.’’ Ce n’est pas la seule fois où le diable est venu le tenter. Un jour, Stéphane est en train de lire dans sa cellule. Et voilà que le démon se montre à lui de façon visible et lui dit : ‘‘Va-t-en d’ici, ancien, tu n’as aucun intérêt à rester !’’ Mais Stéphane répond calmement : ‘‘Si tu veux me convaincre de partir, fais en sorte que mon siège se déplace.’’ A ces mots, le démon fait aussitôt bouger non seulement le siège en osier de Stéphane, mais toute la cellule ! Ayant constaté la malice du démon, le prêtre répond : ‘‘En vérité, puisque tu es si terrible, je ne m’en vais pas.’’ Il se met en prière et le démon hostile disparaît. Un autre jour, ce sont trois anciens qui viennent rendre visite à Stéphane le prêtre. Ils s’attardent dans sa cellule et discutent entre eux de ce qui est utile à l’âme. Stéphane se tait. Les anciens lui disent alors : ‘‘Tu ne réponds rien, Père, mais c’est pour notre édification que nous sommes venus te voir !’’ –‘‘Oh, pardonnez-moi ! répond alors Stéphane, jusqu’à présent je ne sais pas ce que vous avez dit. Tout ce que je peux vous dire, tout ce que j’ai, le voici : nuit et jour, je ne vois rien d’autre que notre Seigneur Jésus Christ attaché sur le bois.’’ Et les trois anciens repartirent très édifiés. Stéphane était un ascète accompli. Mais voilà qu’il s’affaiblit, tombe gravement malade, et les médecins le forcent à manger de la viande. Juste à ce moment, arrive son frère de sang. Un laïc fort pieux vivant de façon à plaire à Dieu. Quand il voit son ascète de frère en train de manger de la viande, il est scandalisé et extrêmement peiné : ‘‘Après une si longue ascèse, se lamente-t-il, après tant de maîtrise de soi, arrivé à la fin de sa vie, le voilà qui touche à la viande !’’ A peine a-t-il pensé cela qu’il tombe en extase et voit quelqu’un qui lui demande : ‘‘Pourquoi t’es-tu scandalisé devant Stéphane, lorsque tu l’as vu manger de la viande ? Ne sais-tu pas qu’il le fait par obéissance et nécessité ? Tu n’as vraiment pas de quoi être scandalisé. Si tu veux voir quelle gloire ton frère a atteint, retourne-toi et regarde.’’ Le frère se retourne et voit Stéphane crucifié devant le Christ. L’apparition dit alors : ‘‘Vois quelle est sa gloire. Glorifie donc Celui qui glorifie ceux qui L’aiment vraiment.’’ »

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