Lumière de l'Orthodoxie

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15 septembre 2019 : Les temps sont durs ! – Évangile du dimanche après la Croix – L’extraordinaire humilité d’un moine (2/2)

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CHANTS

« Le chant de Byzance – Vol. 1 : La semaine sainte » par Frédéric Tavernier-Vellas – Psalmus 2009

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Les temps sont durs !

Les choses ne vont pas comme nous voudrions. Grandes et petites déceptions jalonnent nos vies. Mais est-ce vraiment mieux quand tout se passe selon nos désirs ? Pas sûr… Dès que tout va bien et que nous n’avons plus rien à souhaiter, la paresse et les caprices nous envahissent. Saint Augustin secouait fortement ses ouailles à ce sujet : « Frères, disait-il, j’entends quelqu’un murmurer aujourd’hui contre Dieu : ‘‘Seigneur, que les temps sont durs ! Quelle époque difficile à traverser !’’  Allons bon ! Toi, l’homme qui refuses de te corriger, tu es mille fois plus dur que le temps que nous vivons ! Un temps meilleur va venir, mais non pas pour ceux qui vivent mal. Déjà le monde vieillit, il tourne à la décrépitude. Et nous ? Allons-nous redevenir jeunes ? Frères, n’espérons pas d’autres temps que ceux dont nous parle l’Evangile. Ils ne sont pas mauvais, puisque le Christ vient ! S’ils nous semblent durs, difficiles à traverser, le Christ vient nous réconforter… Il faut que les temps soient durs. Pourquoi ? Pour qu’on ne cherche pas le bonheur en ce monde. C’est là notre remède. »

Oui, chers frères et sœurs en Christ, le Seigneur nous a promis de rester avec nous jusqu’à la fin des temps. Les épreuves qu’Il permet sont faites pour nous rapprocher de Lui et Il nous donne la force nécessaire pour les supporter. Il n’exige de nous qu’une seule chose : de veiller. Alors, ne nous endormons pas dans l’indifférence et la jouissance facile. Veillons !

Et c’est ce que vous faites, puisque…

… vous êtes sur Radio Notre-Dame et vous écoutez l’émission Lumière de l’orthodoxie !

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Évangile du dimanche après la Croix (Marc 8, 34-9, 1)

En ce temps-là Jésus appela la foule et ses disciples et leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à soi, qu’il porte sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera. À quoi sert-il à quelqu’un de gagner le monde entier, s’il perd sa vie ? Que peut-on donner en échange de sa vie ? Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles au milieu des gens d’aujourd’hui, infidèles et pécheurs, le Fils de l’Homme également aura honte de lui, quand Il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. » Jésus leur dit encore : « Amen, en vérité, Je vous le déclare, quelques-uns de ceux qui sont ici ne goûteront pas la mort avant de voir le Royaume de Dieu venu avec puissance. »

*         *        *

Homélie : Le Seigneur Jésus nous invite à jouir de son amour. Venir à sa suite, le suivre, devenir son disciple, écouter la parole du Père qu’Il nous transmet, mettre nos pas dans les siens, manger et boire avec lui, bien plus : nous nourrir et nous abreuver de la chair et du sang de son message plein de sagesse – n’est autre que nous alimenter de son amour. L’amour du Fils pour le Père ; la joie de l’Esprit pour l’amour du Père et du Fils ; la bienveillance du Père pour le témoignage réciproque du Fils et de l’Esprit ; l’émerveillement du Fils pour le jaillissement ineffable de l’Esprit depuis la source unique du Père – la dilection divine à laquelle nous aurons part en suivant le Fils n’est que suavité, délectation, allégresse sans fin, jubilation supra angélique, abandon sans réserve au doux feu de la miséricorde qui comble toute attente, tout désir, toute aspiration, toute faim et toute soif de justice et de vérité. Comprenons-le : la sainte et vivifiante Croix est la propre main du Sauveur tendue vers nous pour nous hisser dans le Royaume du bonheur éternel. On ne le dira jamais assez : le Fils de Dieu est venu dans le monde pour offrir aux hommes sa joie afin qu’ils se réjouissent de façon illimitée avec lui de cette joie qu’Il a auprès du Père, en dehors de tout temps, de toute éternité et de tout siècle. Au fond, le Seigneur n’est que joie, qu’amour, que miséricorde, que bienveillance. L’image que le Fils incarné nous offre de sa propre divinité, est magnifique, absolument positive et généreuse ; c’est une divinité qui n’est que bonté, que vérité, que tendresse – une divinité infiniment aimable et aimante. Et la sainte et vivifiante Croix du Sauveur, ainsi que les multiples croix personnelles par lesquelles le Seigneur nous invite dans son Royaume, sont, pleines de lumière, d’innombrables clés d’entrée dans ce Royaume. Sainte et vivifiante et lumineuse et glorieuse Croix du Fils unique et Verbe de Dieu, gloire à toi ! La Croix nous dit tous les jours que l’amour est vainqueur, et que nous pouvons vaincre par l’amour. Elle nous dit que le seul combat véritable est celui de l’amour, luttant contre la haine, la méchanceté, la division, la calomnie, la domination, la vengeance, l’oppression, l’exploitation, l’injustice, la souffrance des créatures. Et c’est bien parce que nous croyons que la vie dans et avec le Christ Sauveur est absolument gratifiante que nous le suivons. Ce ne sont pas la peur de la mort, de l’enfer et de ses supplices, qui font les chrétiens ; c’est plutôt l’aspiration aux biens ineffables préparés pour ceux qui croient au Fils de Dieu et qui le suivent. Le baptême nous ouvre l’avenue du bonheur et de la joie. « Te joins-tu au Christ ? », nous a-t-on demandé. « Crois-tu en lui ? » Et nous avons répondu : « Je me suis joint à lui ! Je crois en lui comme Roi et comme Dieu ! » Je me suis joint à celui qui est ma vie, ma joie et mon épanouissement en ce monde et dans celui qui vient. Je crois en celui qui est invisiblement présent par le saint Esprit et qui m’invite, aujourd’hui et tous les jours, à le suivre et à connaître ainsi la béatitude des saints dans son Royaume. Notre Dieu n’est pas un dieu qui répand la terreur. Il est le Dieu de miséricorde, plein d’amour pour les hommes. Laissons-nous attirer par lui ! Son attraction est très douce et sans pouvoir. Elle est un charme sans séduction, un appel sans contrainte, une invitation sans condition. Et nous renonçons facilement à nous-mêmes par amour pour un Seigneur si suave et si doux, parce qu’il y a tellement plus de bonheur dans l’amour de lui et pour lui que dans l’amour que nous nous portons à nous-mêmes ; il y a un tel bonheur à le préférer à nous-mêmes et à tout. Que le Christ soit mon tout ! Qu’il soit celui que je préfère, celui que je choisis, celui qui compte plus que tout, et je serai comblé, rassasié du banquet de son amour…

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

L’extraordinaire humilité d’un moine (2/2)

Nous avons commencé, la semaine dernière, l’histoire de ce moine à l’humilité extraordinaire. Vous vous souvenez, il avait un ami diacre qui lui reprochait quelque chose. Chose dont il était certain de ne pas être coupable. Mais plus il assurait le diacre qu’il n’avait rien commis de tel, plus le diacre était convaincu du contraire. Un jour, notre moine avait même juré, sur le saint Calice que portait le diacre à l’église, qu’il n’était pas coupable, mais le diacre, même à ce moment-là, n’avait pas été convaincu. Le moine s’était alors retiré dans sa cellule avec des textes des pères sur le repentir, et son cœur s’était transformé. Il s’était tout à coup exclamé : « Mon ami, par affection pour moi, me confie ce que son cœur éprouve à mon égard, afin que je sois sage et qu’à l’avenir je prenne garde Mais, toi, âme misérable, quand tu dis : je n’ai pas fait cela, ne vois-tu pas ces milliers de mauvaises actions que tu as commises et dont tu ne te souviens même pas ? Ce que tu as fait hier ou il y a dix jours, t’en souviens-tu vraiment ? Non ! Tu as donc certainement fait ce dont parle ton ami. Comme ces milliers de mauvaises actions dont tu ne te souviens pas ! » Le moine rend aussitôt grâce à Dieu d’avoir permis à son ami diacre de l’avoir ainsi guidé. Voyons maintenant la suite de son récit. Ecoutez bien :

« Je sors de ma cellule, raconte le moine, plein de reconnaissance et je vais chez mon ami pour lui demander pardon et le remercier parce que, grâce à lui, j’ai découvert mon péché. Je frappe à sa porte, il ouvre et, sans me laisser le temps du moindre geste, il se prosterne devant moi en disant : ‘‘Pardonne-moi, j’ai été le jouet de démons en te soupçonnant d’avoir commis cela. En vérité, Dieu m’a assuré que tu ne l’avais pas fait. Ne te justifie plus, ce n’est pas nécessaire, je le sais.’’ Pénétré de la grâce de Dieu qui m’avait fait voir mes péchés sans pour autant ternir ma réputation, je glorifiai le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Gloire et honneur à Lui dans les siècles des siècles. Amen. »

Ce récit nous rappelle combien il est difficile d’accepter les reproches. Ils sont souvent excessifs, mais au lieu de gratter sous l’excès pour trouver la parcelle de vérité qui nous permettrait de nous corriger, nous balayons le reproche excessif avec indignation. C’est pourtant le Christ qui y met la parcelle de vérité que nous refusons de voir…

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