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1er juillet 2018 : La tentation, don de Dieu – Evangile des démoniaques gadaréniens – Saint Syméon le Stylite (2/3)

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CHANTS

« Liturgie de St Jean Chrysostome » musique de Tchaïkoski, par le Choeur de chambre du Ministère de la Culture de l’URSS, sous la direction de Valeri Polianski – Melodia 1990.

INTRODUCTION de Victor Loupan

La tentation, don de Dieu

Un saint ermite avait coutume de voir les tentations qui l’assaillaient  comme un don de Dieu. Quand il passait une journée sans éprouver aucune tentation, il se lamentait disant que Dieu l’avait oublié ! Une tentation est une épreuve. C’est dans ce sens que St Paul nous compare à des athlètes : « Tout lutteur, dit-il, s’impose toute espèce d’abstinences ; eux pour recevoir une couronne corruptible, nous, pour une couronne incorruptible. Moi donc, je cours, mais non pas à l’aventure ; je donne des coups de poing, mais non pour battre l’air. Au contraire, je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur, après avoir prêché aux autres, d’être moi-même disqualifié. » Contrairement aux athlètes sportifs, ce n’est pas contre la gravité ou le frottement de l’air que nous devons lutter, c’est contre les tentationsL’ermite avait compris que chaque tentation vaincue nous rapproche de Dieu et révèle son image en nous. D’ailleurs un entraîneur ne caresse pas ses athlètes dans le sens du poil, il est exigeant. Parfois terriblement avec les plus doués. Dieu agit de même. Comme le dit St Isaac le Syrien : « Dieu mène dans l’affliction ceux qu’Il aime, mais sans jamais s’éloigner d’eux. » Cela ne veut pas dire que Dieu veut le mal, bien sûr ! Mais en bon maître qu’Il est, Dieu se sert de tout ce que nous produisons, même le mal, pour nous rapprocher de Lui. Comme le dit le proverbe : « Dieu tire du bon de notre mauvais. » Voilà le vrai sens de la tentation.

EVANGILE ET HOMELIE  par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Évangile du 5ème dimanche après la Pentecôte – Les démoniaques gadaréniens (Matthieu 8, 28 à 9, 1)

En ce temps-là, comme Jésus arrivait au pays des Gadaréniens, deux démoniaques sortant d’un cimetière vinrent à sa rencontre : ils étaient si sauvages que personne n’osait passer par ce chemin. Et voici qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-Tu, Jésus, Fils de Dieu ? Es-Tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » Or il y avait à quelque distance de là un grand troupeau de porcs en train de paître. Les démons implorèrent Jésus en disant : « Si Tu nous expulses, envoie-nous dans ce troupeau de porcs. » Jésus leur dit : « Allez-y ! » Ils sortirent donc et s’en allèrent dans le troupeau de porcs, et voici que du haut de l’escarpement tout le troupeau se précipita dans le lac, où il périt sous les flots. Les gardiens prirent la fuite et s’en furent en ville raconter toute cette affaire, ainsi que la guérison des possédés. Alors toute la ville se porta au-devant de Jésus et, dès qu’ils le virent, ils le prièrent de quitter leur pays. Et Jésus s’embarqua pour traverser le lac et revenir dans sa propre cité.

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Homélie :  Le message majeur de ce jour est que l’homme est sauvé par la foi. Selon l’épître, « celui qui croit du fond du cœur devient juste, et celui dont les lèvres confessent la Foi parvient au Salut ». Certains hommes ne se soucient aucunement du Salut ; le mot, pour eux, n’a pas de signification, il n’y a que cette vie, et le néant ; pour ces « insensés », comme dit le psaume, il n’est pas de Dieu. D’autres pensent à la mort, à la leur et à celle d’autrui, et se préoccupent d’une simple survie, prolongement indéfini de l’existence, immortalité ou non-mort d’un transhumanisme trompeur. D’autres croient à une vie plus intéressante que celle-ci, à son épanouissement, ou à sa mutation totale dans le mode inauguré par le Christ ressuscité. Pour certains qui croient à une alternative à la mort ou au néant, il suffirait d’une extraordinaire amélioration technique, et la vie serait prolongée pour toujours, dans une jeunesse sans âge. Pour d’autres, plus profondément, il s’agit, non d’une rallonge à cette vie, mais d’une vie tout autre, une vie en Dieu, la vie éternelle : mais la question de l’accès à ce mode divin d’existence se pose. Comment être capable d’une telle vie ? Et donc : comment être sauvé, arraché à la mortalité et agrégé à la vie indicible et lumineuse que promet le Christ Dieu ? Ici encore, nous nous partageons : nous pouvons penser que, pour être agréables à Dieu, il suffit d’accomplir la Loi qu’Il nous a donnée, avec toutes ses ramifications. Puisqu’Il en est le Donateur, nous devrions pouvoir lui plaire et être trouvés justes, être justifiés devant lui et par lui, en obéissant à cette loi. Le Christ, n’en doutons jamais, bénit et sauve ceux qui mettent en pratique ses commandements, qui font la volonté du Père. Pourtant, c’est la foi qui est la source de notre obéissance à sa volonté. Aussi prions-nous le Seigneur de considérer, non pas nos œuvres, souvent loin d’être cohérentes avec sa loi, mais notre foi, la foi de son Église, celle de ceux qui nous entourent et plaident pour nous, la foi des saints. Il est presque impossible quelquefois à l’homme de faire la volonté de Dieu, ou de la faire jusqu’au bout. Mais le Seigneur sait tout de nous. Il sait dans quelle mesure nous avons été sincères dans notre volonté de lui obéir. Il connaît notre cœur et le degré de notre amour. Il s’émerveillait, dimanche dernier, de la foi du centurion, et Il peut reconnaître la nôtre. En toute cohérence, si nous mettons notre foi en Jésus Christ, si nous croyons vraiment qu’Il est le Fils de Dieu, nous trouverons la force de faire ce qu’Il nous demande. En effet, c’est le même Esprit qui nous donne de croire que Jésus est Seigneur, et la grâce d’être ses disciples et de manifester son Royaume par des pensées, des paroles et des actes qui relèvent de lui. Nous confessons alors sa Seigneurie par nos actes. Quelle valeur peut avoir une morale détachée de la foi ? Mais les actes qui témoignent de la vraie foi sont inscrits dans le monde qui vient. Une justice sans Dieu peut maintenir un ordre social. Mais penser qu’on peut être juste sans Dieu et sans la foi en lui, est une illusion ; un prétendu bien sans Dieu est diabolique, puisque Dieu est la source de la justice et de tout bien ! Et une prétendue foi privée des fruits cohérents avec la volonté de Dieu est également un mensonge. Dire qu’on aime Dieu et ne pas aimer son frère est une illusion, rappelle saint Jean. Même les démons dans l’évangile de ce jour sont purifiés par la foi et par l’obéissance ! Nous aussi, nous attendons du saint Esprit d’être purifiés ensemble par la foi et par l’action : qu’Il nous inspire la foi dans la seigneurie du Fils de Dieu et l’obéissance à ses commandements, et de prouver ainsi par des actes la vérité de notre foi.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Saint Syméon le Stylite (2/3)

Nous poursuivons la vie de St Syméon le Stylite, commencée la semaine dernière. Vous vous souvenez St Syméon pratiquait une ascèse très sévère depuis plusieurs années, quand il était entré au monastère, à seize ans. Les autres moines n’avaient pas supporté ce terrible exemple et avaient fait en sorte qu’il  s’en aille. Ecoutez la suite :

Syméon se retire alors dans une cabane où il  reste un an et demi. Le Grand Carême arrive et Syméon ne mange ni ne boit pendant toute sa durée. C’est un miracle qu’il ait survécu.  Ensuite  il décide de rester debout à prier aussi longtemps que ses jambes le porteront. Nous ne savons pas combien de temps il a tenu. Il quitte ensuite sa cabane  et trouve un promontoire rocheux sur l’actuel mont Syméon non loin d’Alep en Syrie. Ce promontoire de 6m2 devient sa demeure. Il en est le prisonnier volontaire. Les foules commencent à affluer, dans les parages. Les pèlerins le supplient d’intercéder pour eux. Ils sont si nombreux que Syméon n’a presque plus de temps pour ses propres dévotions. Il quitte alors son promontoire et se met à la recherche d’un endroit plus isolé. Il finit par trouver, au milieu de ruines, un pilier surmonté d’une petite plateforme. S’il est impossible d’échapper au monde par l’horizontale, se dit Syméon, c’est possible par la verticalité. Il grimpe en haut du pilier et seuls des garçons du village voisin y grimpent aussi pour lui apporter du pain et du lait de chèvre. De vieux moines vivant dans le désert entendent parler de lui et veulent savoir si cette nouvelle forme d’ascèse, inconnue jusqu’ici, est fondée sur l’humilité, ou si elle est le fruit vénéneux de l’orgueil. Pour tirer l’affaire au clair, ils décident de demander à Syméon de descendre de son pilier, en signe d’obéissance. S’il désobéit, ils le feront descendre de force. S’il obtempère, il aura le droit d’y remonter. Syméon fait preuve d’une complète obéissance, montrant ainsi son humilité. Aussi les Anciens décident de le laisser vivre cette nouvelle ascèse.

Nous verrons la fois prochaine comme Syméon vivait sur son pilier.

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