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28 avril 2021 : Stanislas de Larminat, ingénieur agronome, bio-éthicien. Co-auteur avec Fabien Revol de « L’écologie, nouveau jardin de l’Église » (Peuple libre)

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 La sécurité ou l’écologie : quel sera le thème de la campagne présidentielle ? Il semblerait que la sécurité ait les faveurs du moment, à la fois en raison du profil de l’un des candidats favoris et des promesses qu’on peut faire sur ce terrain. Que les policiers fassent leur travail est une chose facile à décider. L’écologie, c’est plus complexe. On raisonne à plus long terme ; cela se voit moins et surtout il y a un énorme problème de définition, pour savoir par quelle intention les défenseurs de l’environnement, ou ceux qui préemptent ce marché des idées, sont réellement animés, s’il ne s’agit pas d’une perversion, d’un nouveau visage du sectarisme – que l’on a repeint en vert. Stanislas de Larminat, ingénieur agronome, bio-éthicien, est l’un de ceux qui réfléchissent à l’écologie. Il est co-auteur avec le théologien Fabien Revol de L’écologie, nouveau jardin de l’Église (Peuple libre). Et surtout il revient d’une « retraite itinérante » engagée à pied autour de la France, pour aller à la rencontre des diocèses et déminer toutes les peurs qui nous minent autour du climat et de l’avenir de la planète.

 

Commentaires

  1. J’ai beaucoup apprécié Laudato si’ et l’ai trouvée très réjouissante. Pourtant, cela n’empêche pas le pape François d’y être très clair sur la gravité de la situation actuelle, par exemple : « Les prévisions catastrophistes ne peuvent plus être considérées avec mépris ni ironie. »! (n°161). Il est possible d’accueillir un grave diagnostic scientifique, tout en restant dans l’espérance, en vivant les joies que Dieu donne… et en s’ouvrant même à la joie paradoxale des Béatitudes qui se trouve parfois associée à des épreuves dans un monde blessé.

    Le GIEC est un effort extrêmement structuré de travail scientifique. Par ailleurs, en 2016, au moins 80 académies nationales des sciences partageaient le consensus sur les causes liées aux activités humaines du changement climatique. Et des travaux ont évalué ce consensus comme partagé par au moins 90% des scientifiques du climat (p.ex. Cook et al en 2013 sur 3896 articles / Wikipedia). Il y a un niveau de connaissance scientifique très élevé sur ce sujet. Et de même que je fais confiance aux médecins quand j’ai besoin d’être soigné, je fais confiance à ces scientifiques sur ces sujets complexes (ce qui n’empêche pas de se renseigner et les analyses du changement climatique apparaissent en effet sérieuses). Il est évident que ce niveau de connaissance élevé doit très fortement réorienter certains de nos choix sociaux et politiques au vu des enjeux. En fait, même si le consensus n’était pas aussi élevé qu’il ne l’est, n’y aurait-il pas une prudence élémentaire à agir selon ce qu’il indique? (pour prendre un exemple extrême, je n’aurais guère envie de monter dans un avion même s’il n’avait que 30% de chances de s’écraser).

    Pour le pape François, nous avons les connaissances dont nous avons besoin pour agir et le temps presse. Comme il le disait il y a quelques jours : « En bref, la pandémie de Covid nous a appris cette interdépendance, ce partage de la planète. Et les deux catastrophes mondiales, le Covid et le climat, montrent que nous n’avons plus le temps d’attendre. Que le temps presse et que, comme l’a montré le Covid-19, oui nous avons les moyens de faire face à cette perte. Nous en avons les moyens. Il est temps d’agir, nous sommes à la limite. »

    Au sujet de l’ascèse et son lien à l’écologie, vous affirmez, M. de Larminat : « la vertu de frugalité n’est pas un outil de sauvegarde écologique, c’est une vertu, ça n’a rien à voir. Il faut être dans le spirituel quand on est dans le spirituel, et quand on est dans le scientifique on doit être dans le débat contradictoire. » Ne pensez-vous pas que les dimensions de nos vies sont liées? Par exemple n’y a-t-il pas des liens entre la vie spirituelle et la vie dans la cité? Laudato si’ a beaucoup parlé de l’idée que « tout est lié », et je pense aussi à ce que le pape François y dit sur la sobriété. Par exemple : « La sobriété et l’humilité n’ont pas bénéficié d’un regard positif au cours du siècle dernier. Mais quand l’exercice d’une vertu s’affaiblit d’une manière généralisée dans la vie personnelle et sociale, cela finit par provoquer des déséquilibres multiples, y compris des déséquilibres environnementaux. » (n°224) ; ou encore (reliant sobriété et souci de protection) : « Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d’usage et de domination. » (n°11).

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