L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 27 juin 2019 : Sagesse pour temps de canicule

L'éditorial

La canicule actuelle donne à la hantise écologique un surcroît de crédibilité et d’urgence. Aucun responsable politique ne peut échapper à la définition d’une stratégie offensive pour sauvegarder la planète.  Encore faut-il qu’une pensée juste confère à chacun  la sagesse indispensable.

Canicule

Que dire en période de canicule ? Que dire, en dehors des consignes de précaution dispensées par le corps médical ? Tenter d’aller au cœur du problème du réchauffement climatique, qui requiert forcément toutes les attentions ? Je sais qu’il y a des adversaires résolus de cette notion, qui se définissent comme climato-sceptiques. Sans doute, y a-t-il encore des incertitudes, des inconnues dans ce domaine. Mais on est bien obligé de constater que tous les États du monde sont contraints de prendre en compte le risque écologique et que la canicule actuelle nous met en état d’urgence face à la pollution et à ses effets mortels. Devant la perspective d’une multiplication de ce genre d’épisodes et d’une montée des températures qui pourrait nous conduire aux 50 degrés à la fin du siècle, nous sommes contraints d’adopter une stratégie drastique pour l’avenir de la planète.

Mais la stratégie ne va pas sans une véritable pensée du cosmos. Dernièrement, j’ai exprimé mes réticences à l’égard des dérives intellectuelles d’un certain écologisme. Oui, il y a un écologisme qui peut être aberrant, et même plusieurs. Il est donc urgent de penser le cosmos et le rapport de l’homme au cosmos à travers une sagesse qui échappe aussi bien à la démesure technicienne qu’à un primitivisme absurde. Primitivisme qui aboutit à prendre en haine l’espèce humaine comme destructrice de la nature.

Pour acquérir une telle sagesse, le recours à la théologie peut être secourable. Ainsi, le Père Louis Bouyer a publié en 1982 un ouvrage remarquable intitulé Cosmos et qui rentre tout à fait dans nos préoccupations. Je cite ces quelques lignes : « L’homme ne peut revivre, le cosmos ne peut l’arracher à son autodestruction que si le premier redécouvre dans une certaine pauvreté volontaire la condition d’une possession du monde qui ne le réduise pas en cendres dans ses mains trop brutalement avides. Et c’est dans un respect recouvré, une admiration rajeunie du cosmos qu’il retrouvera les vraies dimensions de sa propre humanité. » Sans doute, nous trouvons-nous ainsi assez loin de la stratégie offensive qui s’impose pour préserver la nature et notre demeure à l’intérieur de celle-ci, mais sans une pensée juste pour nous éclairer, la stratégie pourrait être exposée à de fâcheuses embardées.

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