L’éditorial de Gérard Leclerc

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22 septembre 2020 : La métamorphose de Michael Lonsdale

L'éditorial

© Michel Pourny

La mort du grand acteur aux multiples talents qu’était Michael Lonsdale suscite de multiples témoignages admiratifs. On évoque, à juste raison, sa foi chrétienne profonde. Mais cette foi, Michaël l’avait découverte au milieu de sa vie en vivant une véritable métamorphose.

En apprenant hier après-midi la mort de Michael Lonsdale, différentes images me sont revenues en tête. Je le revois en divers lieux privilégiés où il était parfaitement lui-même. À Paray-le-Monial au milieu de ses amis de la communauté de l’Emmanuel, à l’église Saint-Gervais de Paris, telle nuit de Pâques, dans un studio de Radio où nous échangions sur Charles Péguy après avoir assisté à une mémorable représentation du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc. D’autres qui l’ont côtoyé beaucoup plus que moi seraient à même de parler beaucoup mieux de sa personnalité, de sa cordialité, de sa foi. D’ailleurs leurs témoignages ne cessent de se multiplier sur les réseaux sociaux, et j’en suis très heureux.

La seule chose peut-être d’un peu original, que je pourrais esquisser à son propos, tient à la métamorphose dont j’ai été le témoin, il y a déjà fort longtemps. Comme tout le monde, je connaissais bien sûr l’acteur aux multiples talents, déjà célèbre au début des années 80. Mais la première fois où il me fut donné de le voir et de l’entendre, il n’avait pas encore accompli le changement intérieur qui fut le sien, quand il fit l’expérience de la prière profonde, de la méditation de l’Évangile et aussi de la vie d’une communauté fraternelle. Ce jour-là, sa présence détonnait un peu sur une tribune résolument politique. Lui-même n’avait pas de message politique particulier alors que ceux qui l’accueillaient voulaient manifester leur solidarité avec la lutte des dissidents de l’empire soviétique. Il voulait faire part d’un témoignage purement personnel, d’une recherche. Mais une recherche encore inaboutie. J’avoue que j’en fus un peu troublé, parce que c’était plutôt un malaise intérieur qu’il exprimait.

C’est dire que quelques temps après je ne retrouvais plus le même homme. Une métamorphose s’était accomplie en lui, qui montrait avec bonheur comment la lumière de l’Évangile pouvait jaillir afin de donner un sens à une existence. Une existence pourtant bien pleine, mais qui aspirait à la révélation d’un chemin de Damas.

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