L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 21 mai 2019: Vincent Lambert : une question de conscience

L'éditorial

On apprenait hier soir la décision de la Cour d’appel de Paris donnant raison aux parents de Vincent Lambert et ordonnant la reprise de l’hydratation et de l’alimentation de leur fils. C’est un coup de théâtre qui oblige à  reprendre le débat qui est loin d’etre conclu sur la fin de vie.

Que dire face au drame de Vincent Lambert et des déchirements de sa famille ? Les prises de position diamétralement opposées n’ont cessé de s’exprimer hier sans qu’aucun élément nouveau ne soit intervenu en dehors du fait qu’un processus d’interruption de vie est désormais en route. Et c’est peut-être le moment d’apprécier ce que signifie en réalité ces termes de suspension de soin et de sédation profonde.

Il n’y a rien d’anodin dans une telle procédure qui consiste à donner volontairement la mort à une personne qui pourrait vivre encore de longues années. Les partisans de cette procédure dénoncent l’« obstination déraisonnable » mais leur obstination à eux est-elle vraiment raisonnable ? Le président de la République s’est refusé à intervenir à l’encontre des décisions médicales et judiciaires. Mais ne sommes-nous pas fondamentalement en présence d’une question de conscience qui dépasse les délibérations des médecins et des juristes, si nécessaires soient-elles.

L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, n’ignore nullement les données médicales du dossier, étant lui-même médecin et expert en bioéthique universitaire, il est en mesure de faire une analyse précise du cas de Vincent Lambert en termes de diagnostique et de législation, mais en définitive, dans le communiqué qu’il a publié hier après midi, c’est bien en terme de conscience et de civilisation qu’il conclut.

« Il y a aujourd’hui, dit-il, un choix de civilisation très clair. Soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels, qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèle l’amour. »

N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de façon élective vers celui de ses enfants qui souffre et est le plus fragile ?

Beaucoup évidemment refuse l’intervention de l’Eglise dans ce type de débats. Mais c’est en contradiction avec la sagesse-même de l’humanité. Jurgen Habermas est pourtant le théoricien rigoureux de l’argumentation rationnelle dans le domaine civique. Il n’exclut nullement le point de vue biblique et religieux en matière de bioéthique, là où il est nécessaire de scruter le plus profondément le mystère de l’homme.

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