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20 février 2017 : Les suites de l’affaire Théo

20.02.17
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20 février 2017 : Les suites de l’affaire Théo

Le point de vue 07h05

L’affaire Théo a fait des dégâts. Pourquoi ne pas le reconnaître ? Si l’on veut tenter de ne pas envenimer les choses, il faudrait peut-être prendre le temps d’examiner la situation de ce qu’on appelle « les quartiers », avec l’état d’esprit de la jeunesse qui cherche difficilement ses marques. La tentation actuelle est double : d’un côté, il s’agit de créer un mouvement de colère contre la police. Mouvement auquel se sont ralliées des associations anti-racistes, notamment samedi soir place de la République à Paris, avec présence de quelques personnalités qui donnaient une dimension nouvelle à la protestation. D’autre part, il y a la réaction inverse qui consiste à rejeter unilatéralement ce qu’on appelle « la racaille », au motif des violences accomplies ces derniers jours. Les uns et les autres ont leurs raisons et leurs convictions bien établies. Mais s’il n’y a pas moyen de trouver un terrain de discussion entre eux, on peut craindre l’approfondissement d’une incompréhension, qui ne servira sûrement pas le bien commun.

J’ai en tête un autre exemple que celui de Théo, le cas d’un jeune homme d’un milieu très différent et qui, en d’autres circonstances, a dû lui aussi affronter la police. En quelques jours, son univers intérieur s’est trouvé bouleversé. La police, d’abord, l’a arrêté pour des motifs mensongers. La justice, ensuite, l’a condamné, entérinant une accusation qu’aucune protestation ne pouvait démentir. Et pour couronner le tout, son incarcération dans des conditions indignes était conçue pour l’humilier. Dans quel état d’esprit, un garçon de vingt ans peut-il se sortir d’une telle épreuve, ne pouvant plus accorder de crédit à ce qui est censé sauvegarder l’ordre social ?

Il ne s’agit évidemment pas, à partir d’un tel exemple, de faire le procès de la société et des institutions. Le problème est de comprendre qu’on ne peut pas remettre de l’ordre dans la rue et dans les quartiers, si l’on ne rétablit pas un climat minimum de confiance. Et notamment entre les jeunes et la police. Nous savons que c’est loin d’être facile, parce qu’il y a des conditions structurelles déterminantes que l’on ne parvient pas à changer depuis des décennies. Mais ce n’est pas la défiance et l’hostilité qui nous permettront d’établir un équilibre aussi problématique.

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