L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 19 juin 2019: Le football et l’éternel féminin

L'éditorial

Un véritable engouement national accompagne l’équipe de France féminine pour le Mondial qui se déroule chez nous.C’est l’occasion pour débattre en toute liberté du sport féminin, lorsqu’il rejoint des disciplines plutôt réservées aux hommes. N’y a-t-il pas une différence qui se manifeste même en football

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Les femmes sont-elles l’avenir du football ? Il ne suffit pas de parodier Aragon, et avec lui Jean Ferrat, pour nous mettre en tête le bien-fondé du football féminin. J’avoue pour ma part, que n’étant pas du tout spécialiste du ballon rond, j’ai beaucoup apprécié le premier match des Françaises contre les Sud-coréennes au mondial féminin. Pourtant, j’avais été indisposé par la polémique contre Alain Finkielkraut, qui avait eu le malheur de dire que « ce n’est pas comme ça que j’ai envie de voir les femmes » et de réclamer un peu de différence s’ajoutant à la nécessaire égalité. C’était bien son droit à Finkielkraut de livrer son opinion, mais à lire les réactions on avait le sentiment qu’il venait de commettre une faute grave. On parlait très explicitement de dérapage. Rien que cela !

C’est un des aspects les plus désagréables du prétendu débat contemporain. On n’a plus envie de discuter, il faut absolument mettre l’adversaire dans les cordes et, suprême jouissance, l’envoyer au tribunal pour être dûment condamné. Je suis tout à fait d’accord là-dessus avec François Sureau qui exprime son inquiétude dans une grande page du Figaro. C’est notre liberté qui est en danger, en ce qu’elle a de plus précieux : « La vérité, dit-il, est que nous avons cessé d’aimer la liberté d’un amour sans partage. Face à toute difficulté, et d’abord les plus tragiques nous voyons la liberté comme un obstacle, non comme une chance, le principe même de notre énergie collective. »

Bien sûr, la querelle à propos du football dit féminin ne doit pas être prise au tragique. Il n’y a pas lieu de donner des arguments à ceux qui veulent en faire un casus belli. Mais tout de même, ce peut être l’occasion d’un échange intéressant, éventuellement arbitré par la réalité. J’ai eu l’impression en regardant les Françaises qu’elles jouaient différemment et qu’elles n’abdiquaient en rien leur féminité. Mais ce disant, je m’expose au grief gravissime de sexisme. Désolé, mais sur la féminité, je partage tout à fait la pensée de Denis Tillinac qui publie un Éloge de l’Éternel féminin (Albin Michel) et à qui je laisse le dernier mot : « L’épanouissement d’un Éternel féminin témoigne d’une vocation qu’il serait suicidaire de laisser dépérir. Puissent les vraies féministes s’en convaincre, au lieu de se laisser abuser par les adeptes masos d’un assèchement du cœur et d’une faillite de la raison ! »

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