L’éditorial de Gérard Leclerc

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14 mai 2020 : Une journée interreligieuse

L'éditorial

3e journée mondiale de prière pour la paix à Assise, 2011.
CC by-sa : Stephan Kölliker

Ce 14 mai se distingue par une initiative interreligieuse de la part d’un Haut comité pour la fraternité humaine. Il s’agit d’appeler « les leaders religieux et les croyants à travers le monde à une journée de jeûne, de prière et de participation à des œuvres de charité, pour implorer Dieu d’aider l’humanité pour mettre fin à la pandémie inédite du coronavirus (Covid-19) ». Telles sont les termes exacts de l’appel de cet organisme, qui a réussi à obtenir un très large accord auprès d’autorités religieuses très diverses. Le Pape s’est joint à cette invitation, dimanche dernier, au terme de la prière du Regina Caeli. Son collaborateur, le cardinal Ayuso Guixot, qui dirige le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a insisté, de son côté, sur la valeur universelle d’une démarche où chacun « ressent et entend l’immensité du cri de l’humanité souffrante débordée de toute part, angoissée, meurtrie ».

Voilà qui rappelle l’initiative prise en 1986 par saint Jean-Paul II pour un grand rassemblement interreligieux à Assise. On s’était beaucoup interrogé à l’époque sur le caractère inédit d’un tel rassemblement et sur son statut théologique, qui avait, semble-t-il, beaucoup intrigué le cardinal Joseph Ratzinger. Il y avait eu aussi une très forte contestation du côté de Mgr Marcel Lefebvre, qui avait mis en cause le caractère relativiste et syncrétiste qu’implique une réunion où l’on met entre parenthèses les données de sa foi. Mais parler de syncrétisme à propos de Jean-Paul II, c’était pour le moins hors de propos. Ce qui ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de questions difficiles à se poser.

N’y a-t-il pas possibilité d’inviter les sensibilités religieuses à se rassembler pour la paix plutôt que de les laisser se déchirer ? C’est vrai que, si tout credo commun est par définition exclu, il y a possibilité de se retrouver sur des sentiments fondateurs. Qui avait donc, en 1986, rappelé la magnifique expression de Baudelaire quant à « cet immense sanglot qui roule d’âge en âge et vient mourir au bord de votre éternité » ? Voltaire prétendait qu’il n’y avait que le commerce et le trafic pour réconcilier les hommes qui s’étaient toujours entretués en s’accusant d’hérésie. Ne peut-on pas plaider un instant pour la vertu pacificatrice de ceux qui se préoccupent de donner un sens supérieur à la vie humaine ?

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