L’éditorial de Gérard Leclerc

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7 mai 2018 : Déjà un an de présidence d’Emmanuel Macron ! L’homme séduit, irrite, déconcerte, mais ne laisse pas indifférent. Son intelligence vive, sa culture suscite l’intérêt et la curiosité. Président jupitérien, machiavélien, technocrate, philosophe ? Quel est votre choix ?

L'éditorial

Il y a donc un an, Emmanuel Macron accédait à l’Élysée, à l’issue d’une campagne électorale qui avait démenti toutes les prévisions et abouti à une recomposition totale du paysage politique. À l’occasion de ce premier anniversaire, la presse tente non pas tellement encore de dresser un bilan, mais de comprendre un peu mieux la personnalité de ce jeune président. Il faut bien le reconnaître : Emmanuel Macron fascine les intellectuels, et l’opinion en général, même lorsqu’elle fait part de ses oppositions et de ses mécontentements, ne le rejette pas vraiment. Un observateur avisé note qu’il y a du respect à son égard et rarement du mépris. Par rapport à ses deux prédécesseurs, il assume un réel leadership, notamment grâce à la politique étrangère où il assume sa mission plutôt bien.

Les intellectuels, quant à eux sont étonnamment diserts à son égard. Il y en a des pages et des pages. Il faut dire qu’il les sollicite largement, ne serait-ce que grâce à son discours aux Bernardins ou à un entretien à la NRF, où il insiste sur le tragique de l’histoire. De qui est-il vraiment le disciple en philosophie politique ? On a beaucoup parlé de son travail d’assistant auprès du philosophe Paul Ricœur, lorsque celui-ci préparait son grand livre sur la mémoire. Mais on se souvient qu’il a également rédigé un travail universitaire sur Nicolas Machiavel, ce qui interroge. Machiavel n’est pas du tout réductible à ce qu’on nomme le machiavélisme, mais tout de même il est le penseur de l’action politique qui n’est pas réductible à des grands principes moraux. Donc, pour féru de philosophie qu’il soit, notre président n’est pas un idéaliste.

C’est lui-même qui a parlé de présidence jupitérienne et qui insiste beaucoup sur la symbolique monarchique du pouvoir, ce qui rend enragé Jean-Luc Mélenchon. Mais il n’y a pas que la symbolique, il y a aussi la méthode de gouvernement. Celle-ci serait de type technocratique, le président préférant s’entourer de ministres experts plutôt que de politiques de terrain. Voilà, en tout cas, de quoi faire cogiter tout le monde. Un an après, Emmanuel Macron intrigue toujours, et la suite de son quinquennat n’est sûrement pas écrite d’avance. Bientôt il verra le Pape. De quoi parleront ces deux hommes imprévisibles ?

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