L’éditorial de Gérard Leclerc

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6 juin 2018 : La migration des jeunes Algériens

L'éditorial

Encore et toujours les migrations. Les ministres de l’intérieur européens se réunissent dans un climat toujours plus tendu  pour en débattre. Mais il y a l’autre côté de la Méditerranée, d’où vient tout le mouvement… et dont il convient d’étudier soigneusement la situation…

La crise migratoire a redessiné d’ores et déjà la carte politique de l’Europe, et tout indique qu’elle continuera à prolonger ses effets à l’avenir. Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, qui se sont réunis hier à Luxembourg, s’en sont rendu compte une fois de plus et le nouveau gouvernement qui vient de s’installer à Rome ajoute à la pression. L’Europe est divisée sur le sujet et son impuissance est patente. Les jugements portés sur elle sont à ce propos d’une extrême sévérité. Mais avant tout procès concernant son fonctionnement, il faut se rendre compte de l’énormité de l’enjeu et de la difficulté extrême de parer à un phénomène dont les causes nous échappent totalement.

Prenons l’exemple algérien qui nous touche directement, non seulement en raison de l’histoire. Ils sont, en effet, des milliers de jeunes Algériens à vouloir venir étudier et travailler en France. On les comprend d’autant mieux que leur gouvernement est constitué en une oligarchie qui profite de façon éhontée, des dividendes d’une économie de la rente. D’un côté, il y a ces fortunes colossales détenues par une caste de privilégiés. De l’autre une jeunesse en déshérence, avec un chômage qui ne cesse de croître. Les conséquences ? Notre police des frontières peut les mesurer, avec des milliers d’interpellations chaque année. L’incurie d’un gouvernement et la détresse d’une jeunesse se traduisent par cette pression continue sur nos frontières. On se précipite pour obtenir des visas dans les services consulaires, on les obtient parfois par fraude, ou, sans papiers, on se contente de prolonger indéfiniment son séjour sur notre territoire.

Mais l’exode de sa jeunesse est-elle la bonne solution pour l’Algérie, d’autant que ce sont souvent les plus instruits qui partent et qui vont manquer ainsi cruellement à l’économie de leur pays ? D’évidence, le problème algérien ne trouvera sa solution qu’en Algérie, avec une réforme des institutions, un renouvellement radical de sa classe politique et la recherche d’un développement différent à l’encontre de l’immobilisme actuel. Certes, il doit y avoir entre la France et l’Algérie des liens de solidarité, mais cette solidarité doit jouer d’abord en faveur de l’Algérie et non en sa défaveur dans un processus de dépendance continue.

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