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4 mai 2021 : Quand la création d’une école d’agriculture ouverte à tous essuie le feu de la guéguerre entre deux lobbies…  

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Bâtir une école d’agriculture destinée aux jeunes, aux chômeurs en quête d’un premier emploi et aux salariés en reconversion, voilà une heureuse nouvelle. Située à Lévis-Saint-Nom en vallée de Chevreuse, logée dans la ferme des Néfliers, qui rayonne sur 600 hectares, l’école ouvrira en septembre. Les 2 000 élèves attendus étrenneront le premier campus agricole du monde. Pour se préparer à devenir salarié ou chef d’entreprise.

L’école porte un nom : « Hectar ». Sans « e », histoire de connoter avec « Nectar ».

L’initiative en revient à une ancienne conseillère Agriculture du président Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau, et Xavier Niel. Le fondateur d’Illiad, le groupe de télécommunications et fournitures Internet (Free et Cie), en assure le financement. Celui-ci investit dans l’intégration des jeunes aussi bien que dans des affaires clefs en main. L’école 42 lancée à Paris en 2016 est un précédent. Gratuite, ouverte à tous à partir de 18 ans sans condition de diplôme, elle offre l’accès aux métiers du numérique. Elle a essaimé depuis en province et à l’international.

L’école d’agriculture Hectar est guidée par les mêmes principes. Surtout, elle voit le jour dans un certain contexte. D’ici cinq ans, 3 exploitations agricoles sur 10 sont à reprendre. Le profil des repreneurs a changé : dans 4 cas sur dix, il ne s’agit pas d’enfants d’agriculteurs. Enfin, l’agriculture négocie un double tournant : celui des orientations (en faveur du bio, de l’agriculture en milieu urbain et péri-urbain, de la spécialisation) et celui des moyens (technologies de l’information, automates).

Or voici que le projet d’Audrey Bourolleau et Xavier Niel est mal accueilli. Par la confédération paysanne et l’enseignement agricole public. Et par la fédération des éleveurs bovins qui accuse « le pouvoir en place » de les abandonner « au profit, dit-elle, du monde de la finance ».

Pourquoi ? Parce qu’en parallèle Niel investit dans ce qu’on appelait improprement le steak végétal. Du coup, l’école passerait pour une position avancée des vegans hostiles aux viandards. Je note que la filière bovine a remporté la bataille terminologique ; il serait malheureux qu’elle abuse de son avantage en engageant un mauvais procès contre Hectar. Un nom dont le seul tort est de sonner comme Milliard.

 

 

 

 

 

 

 

 

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