L’éditorial de Gérard Leclerc

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3 mai 2018 : Le 1er mai des casseurs

L'éditorial

La violence qui s’est invitée, le premier Mai, dans les rues de Paris, n’était pas imprévisible pour nos services de sécurité. Elle trouble l’opinion, les syndicats, la police et le sommet de l’Etat. Met-elle en danger pour autant l’ordre social et le système établi ?

« Perruques, cagoules, fusées marines, cocktails molotovs, marteaux de chantier, masques à gaz font partie de leur panoplie. » On a vu, le 1er mai, à l’œuvre ces black blocs hyper violents. La veille, la préfecture de police avait averti de leur présence, car ils ne sont pas du tout des inconnus. On les a vus à la manœuvre dans tous les grands sommets internationaux, où ils ont signifié leur radicalisme absolu. Ils sont alter-mondialistes et s’affirment à chaque fois qu’ils peuvent, spectaculairement, montrer leur opposition au capitalisme mondialisé. Pour les gouvernements, et spécialement pour les responsables de l’ordre public, ils constituent un véritable fléau, car ce sont des spécialistes aguerris de l’insurrection de rue. Ils ont tout prévu pour se prémunir de la réaction de la police. Ils jouent des effets de surprise et ils sont aussi passés maîtres dans l’esquive de la répression légale : « Écris-toi sur le bras le numéro de notre avocat ; prends des photos de tes blessures, garde tes habits tachés de sang, si c’est le cas, et avec le médecin, si c’est aux urgences, ne dit rien sur les faits. »

Leur efficacité de casseurs est certaine. Il suffit de constater l’effet de leur action, mardi. Les médias ne parlent que d’eux, rendant furieuses les organisations syndicales privées de leur succès, leurs cortèges étant passés au second rang. À cause d’eux également, c’est l’État qui est mis en accusation pour son incapacité à endiguer pareil phénomène. Et puis ils réussissent aussi à brouiller les frontières idéologiques, au point que Jean-Luc Mélenchon en perd son latin. Lui a vu l’extrême droite à l’œuvre. Bien sûr, il est difficile au dirigeant de la France insoumise de reconnaître que l’extrême gauche puisse si gravement déraper.

Et pourtant, au-delà du trouble d’un jour dans la rue et de l’écho médiatique qui lui correspond, à quel avenir est promise une telle radicalité ? Lorsqu’il y avait une internationale communiste, étendant ses réseaux à partir de Moscou, on pouvait craindre des actions subversives de longue haleine. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Au lendemain de 1968, il y avait eu en France cette tentation d’une lutte ultra-violente contre l’État et le régime économique. Mais au bout de quelques années, elle s’était éteinte, faute de pouvoir menacer sérieusement le système. Les black blocs ne sont pas près de prendre le pouvoir en dépit de leur pouvoir de nuisance !

 

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