L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 1 juillet 2019 : Une Église souffrante et militante

L'éditorial

En dépit de la joie des ordinations sacerdotales, le climat de crise dans l’Eglise n’incline pas à l’optimisme. Mais ce n’est pas la première fois que cette Eglise est entourée de scandales. Et un climat délétère ne saurait paralyser ce qu’il y a d’energie spirituelle dans nos paroisses.

Chaque année en cette période, les regards des catholiques se tournent vers la cathédrale de leur diocèse, où l’évêque ordonne les nouveaux prêtres. Quand ils ont la chance, bien sûr, qu’il y ait des nouveaux prêtres, ce qui n’est pas le cas partout, loin de là. Quand il y a cette chance, ou cette grâce, c’est un beau moment, toujours impressionnant. Même quand l’Église vit une période difficile. Et la nôtre l’est incontestablement. Dans Le Journal du dimanche d’hier, une page entière : « Les victimes des prêtres brisent le silence. » Il s’agit d’une initiative de la Conférence des évêques de France qui a confié à une commission présidée par Jean-Marc Sauvé, la charge d’enquêter sur les agressions sexuelles dans l’Église. Initiative courageuse, qui démontre une ferme volonté de faire pleinement la vérité sur une réalité douloureuse. Mais quand l’information se concentre exclusivement sur ce sujet, il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre avec bonheur les cérémonies d’ordination.

Mais j’ose affirmer que c’est à juste raison que l’on garde intact son émerveillement à l’égard de l’étonnant mystère du sacerdoce ministériel. Nous ne sommes pas les premiers à prendre les scandales en pleine figure. C’était déjà le cas de sainte Catherine de Sienne au XIVe siècle. Ses cris d’indignation à l’encontre des « outrages multiples dont Dieu est victime » dans son Église sont incessants et elle s’adresse aux responsables de la hiérarchie en des termes saisissants. Ne les traite-t-elle pas de « maudits » ? Et pourtant, sa colère laisse absolument intacte la puissance de sa ferveur à l’égard de cette même Église.

C’est souvent dans l’épreuve que se trempent les caractères et que s’affirment les grandes figures de la sainteté. J’ajouterai que lorsque la colère n’aboutit pas au sursaut mais au désespoir, elle n’est pas inspirée par le Ciel. Et puis, il faut savoir aussi ce qui se fait de beau et de grand au cœur de la crise. Hier, mon église de banlieue était comble d’une assemblée de tous les âges pour saluer le départ d’un prêtre qui venait d’y accomplir six années d’un ministère extraordinairement fécond, rendu sensible par ses résultats pastoraux : nombre de baptêmes et de mariages, retour des jeunes à la paroisse, vitalité en toutes sortes d’activités. Quand il y a la foi, l’espérance et la charité, surgissent toujours des merveilles !

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