Eucharistie et onction des malades à Lourdes

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13 août 2018 : Messe sur le thème du miracle de Cana

Massabielle in Lourdes

 Lourdes, Pèlerinage national – Lundi 13 août 2018 Homélie de Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier

« Remplissez d’eau ces jarres » L’évangile qui vient d’être lu nous présente un mariage. Voilà un évènement heureux et joyeux pour les mariés et pour tous les invités au mariage, nous le savons par expérience. Mais le mariage de Cana est présenté sous un seul angle, celui du repas de mariage ! Il ne parle pas de la cérémonie religieuse, c’est à peine s’il parle du marié et pas du tout de la mariée. Voilà qui est un peu étrange, ne trouvez-vous pas ?

A Cana, aux noces de ce temps, on invitait largement. Voilà pourquoi il y a Jésus et Marie et aussi les disciples que Jésus avait appelés quelques jours auparavant ; l’un d’entre eux était du village de Cana. La présence de Jésus, le Fils de Dieu, et celle de Marie, à des noces humaines me paraît revêtir une grande importance. On y perçoit déjà le mystère essentiel de la foi chrétienne : Dieu aime l’humanité, et chacun de nous en particulier. Il nous aime d’un amour aussi fort – et même plus fort ! – que celui qui unit un homme et une femme qui se marient. C’est pourquoi la Bible nous parle souvent de l’Alliance entre Dieu et son peuple, ce lien d’amour que Dieu a voulu établir et qu’il offre sans condition. Cette Alliance est nouvelle et éternelle. Chaque messe la célèbre et nous donne d’y entrer tout spécialement lorsque nous communions. C’est encore plus vrai, aujourd’hui à Lourdes, au cœur de ce beau pèlerinage National. Notre présence, nombreuse, nous stimule dans notre foi. La présence des malades et des hospitaliers, celle des jeunes, des prêtres, des religieux et religieuses nous réconforte pour accueillir le don de Dieu et présenter nos prières et celles qui nous ont été confiées.

La mère de Jésus était présente, note l’évangéliste. Dès lors, le récit de cet épisode est fait en nous montrant le point de vue de la Vierge Marie. Il nous est bon, ici à Lourdes, de nous arrêter sur cet évènement. Marie agit pour cette noce comme elle ne cesse de le faire pour nous, ses enfants, et pour l’humanité tout entière.

L’évangéliste note tout d’abord l’attention que porte la Vierge Marie aux détails du repas. Elle perçoit ce qui se passe, elle comprend les difficultés qui s’annoncent. Une noce sans vin, c’est la fin des festivités. Tout est gâché ! Marie vient alors présenter à son fils la difficulté qu’elle a saisie. Elle le fait d’une manière discrète et ne va pas dire à Jésus : « donne-leur du vin ».

Cette délicatesse de Marie nous fait comprendre ce qu’elle est pour nous. Elle est réellement attentive aux besoins et aux attentes humaines. Elle est bien comme une mère qui devine les choses avant qu’elles ne soient dites. C’est le regard du cœur qui aime avant tout !

Présentons à la Vierge Marie nos soucis et nos préoccupations, tout ce qui nous replie et nous enferme en nous-même. Pendant ce pèlerinage, demandons-lui que nos cœurs restent assez libres pour nous ouvrir aux autres en les regardant comme des frères et en nous rendant attentifs à ce qu’ils vivent comme peines et comme joies.

Après la remarque de la Vierge Marie, vient la réponse de Jésus. Elle paraît étrange et semble être une sorte de refus ou même de reproche. Au minimum, c’est une manière de faire comprendre que les perspectives ne sont pas les mêmes. Si Marie parle de vin pour la noce, Jésus répond en parlant de « son heure ». Il ne refuse pas de donner du vin aux convives, mais il cherche à faire comprendre que sa mission est beaucoup plus large que cela.

Ne nous arrive-t-il pas de ne pas obtenir de réponse de la part du Seigneur à ce que nous avons demandé dans la prière, parfois avec grande insistance ? Nous pouvons en être déçus, mais faut-il en rester là ? C’est notre bien que veut le Seigneur. Aujourd’hui, demandons de comprendre le sens des évènements de notre vie et d’accepter d’élargir nos perspectives en entrant dans les vues de Dieu.

Vient enfin l’audace de Marie. Marie se tourne vers ceux qui assurent le service à table. Elle a compris que Jésus va faire quelque chose. Pour les avertir, elle reprend une phrase de l’Ancien Testament, celle qu’a utilisée le Pharaon en Egypte à propos de Joseph, devenu son homme de confiance : « faites tout ce qu’il vous dira ». C’est une parole audacieuse et pleine de confiance ! Marie ne sait pas ce que Jésus va dire, mais elle invite à accueillir les paroles qui viendront ; plus encore ! Elle demande que ces paroles soient mises en œuvre. Avez-vous remarqué qu’il s’agit des ultimes paroles de la Vierge Marie ? C’est un peu comme un testament qu’elle nous laisse ! Que notre réflexion n’oublie pas ces jarres que nous avons à remplir d’eau afin que Jésus la transforme en vin. N’est-ce pas le quotidien de nos existences que nous offrons au Seigneur pour qu’il le transforme par sa présence ?

Marie permet que la puissance de Dieu se manifeste. Cette puissance est en quelque sorte suspendue à notre liberté : voulons-nous faire ce que Jésus nous dit ? La réponse appartient à chacun de nous. Personne ne la donnera à notre place ! Pendant un instant, réfléchissons à ce que peut signifier une telle demande, chacun dans sa situation, devant les choix à faire !

Prions la Vierge Marie avec le Pape François. « O Mère, aide notre foi ! Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul. Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Eveille en nous le désir de suivre ton Fils. Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, ainsi nous pourrons le toucher par notre foi. » (Lumière de la foi n° 60). Amen !

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