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17/01/2020 : Les insectes pollinisateurs

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La question qu’on se pose aujourd’hui : comment la disparition des insectes pollinisateurs peut-elle nous conduire à la famine ? Quand on parle de biodiversité, le sort des grands animaux capte souvent notre attention. Or, les insectes pollinisateurs sont d’une importance capitale pour les écosystèmes planétaires. Véritable clé de voûte de notre sécurité alimentaire, ils assurent la reproduction et la survie de 80% des plantes à fleurs, des arbres et des cultures de nos territoires. La pollinisation par les insectes, complémentaire de celle assurée par le vent, mais ayant sur elle l’avantage de faire franchir au pollen de plus longues distances entre étamines et pistil, assure un brassage génétique entre individus que ne permet pas l’autopollinisation, c’est-à-dire la fécondation sur un même pied. Sans elle, nous pouvons dire adieu aux pommes, aux artichauts, aux oignons ou aux citrons. Ce service gratuit et irremplaçable offert par la nature est évalué à environ 150 milliards d’euros par an pour l’ensemble du monde. Or, on assiste depuis trois décennies en Europe à un déclin spectaculaire de tous les types d’insectes pollinisateurs, soit 2 000 espèces d’abeilles, sauvages ou domestiques, de bourdons, de papillons et de mouches. En moins de trente ans, leurs populations ont chuté de près de 80% en Europe. Dans les années 1990, les ruches enregistraient un taux de mortalité de l’ordre de 3%, contre 30% aujourd’hui. En France, près de 30% des colonies d’abeilles sauvages disparaissent chaque année. Avec pour conséquence la disparition d’un tiers des populations d’oiseaux, qui n’ont plus d’insectes pour se nourrir. Même les insectes granivores sont impactés, car ils ont besoin d’insectes pour nourrir leurs poussins. Et aussi hérissons, lézards, amphibiens et poissons. Par effet domino, c’est toute la chaîne alimentaire qui s’effondre, ainsi que la biodiversité. Les causes sont multiples, mais ont pour dénominateur commun l’action de l’homme : dérèglements climatiques, nouveaux virus et agents pathogènes, parasites, disparition et fragmentation des habitats naturels en raison de l’urbanisation croissante, de la destruction des haies, de la déforestation et de la raréfaction des légumineuses, et bien évidemment intensification des traitements phytosanitaires. L’action des pesticides est particulièrement pointée du doigt, car elle induit chez ces insectes des malformations, des effets manifestes sur les processus d’apprentissage et le système de navigation, certaines abeilles ne retrouvant plus le chemin de leurs ruches, une incapacité à reconnaître les fleurs et un affaiblissement des défenses immunitaires. A ceci s’ajoute l’appauvrissement génétique progressif des abeilles domestiques par la sélection des reines, et l’introduction de nouveaux prédateurs venus d’autres continents, comme le frelon asiatique.

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