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28 février 2018 : Comment éviter le gaspillage alimentaire ?

Marie-Ange de Montesquieu 3

gaspillage Depuis le 1er janvier 2018 ont été gaspillés, en France, plus d’un milliard de kg de nourriture ! Une personne jette en moyenne 7 kilos d’aliments non déballés, par an. Le gaspillage représente 10 millions de tonnes, répartis à hauteur de 32% au niveau de l’étape de la production; 21% sur la transformation; 14% sur la distribution et 33% au niveau de la consommation (Source : ADEME). A l’heure de la surabondance et pour consommer autrement dans un soucis de partage, comment apprendre à ne plus gaspiller? Réponses au micro de Sophie Nouaille avec :

  • Guillaume Garot, ancien ministre délégué chargé de l’agroalimentaire (juin 2012 à mars 2014) puis a été chargé par le Premier ministre de mener une mission parlementaire (octobre 2014 à avril 2015) sur la lutte contre le gaspillage alimentaire pour le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et le Ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Guillaume Garot est actuellement député PS de la 1ère circonscription (Mayenne) et Vice-président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale.  Il est l’auteur:
    • du rapport parlementaire « Lutte contre le gaspillage alimentaire : propositions pour une politique publique »
    • de la la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire entrée en vigueur le 11 février 2016.
  • Eric Colas : co-fondateur avec son frère de la plateforme et président de l’association “Jette Pas Partage”.  “Jette pas partage” est une plateforme d’échange contre le gaspillage alimentaire qui vise à permettre gratuitement à des consommateurs, associations et/ou professionnels de donner et collecter des denrées alimentaires avant qu’elles ne soient plus consommables pour les redistribuer. Les produits d’hygiène sont concernés aussi.
  • Sarah Bienaimé : auteure, consultante et formatrice culinaire. Depuis 15 ans, elle a mis en place de nombreuses façons de diminuer son empreinte écologique au quotidien. Auteure du livre “Cuisine pas bête pour ma planète!” paru le 20 février 2018 dans la collection Conseils d’expert aux éditions Terre vivante.

Commentaires

  1. Bonjour,
    Merci pour cette émission très intéressante sur le gaspillage alimentaire, thème auquel je suis très sensible.
    Durant ma carrière j’ai exercé des fonctions en rapport avec la restauration collective, scolaire d’abord, puis dans un Foyer de Jeunes Travailleurs.
    J’ai la conviction qu’il faut revoir le système tel qu’il a été instauré depuis les années 80 pour des raisons de profit. On a mis en place une « fabrique de gaspillage » par toute une série de réglementation et normalisation.
    Je dénonce :
    – la généralisation des « self ». Le convive remplit son plateau jusqu’au dessert alors qu’il est au maximum de son appétit. On lui sert une portion normalisée (imaginez les différences d’appétit au collège entre une petite fille de 11 ans et un gaillard de 14 ans qui sort du sport !).
    La nourriture est généralement médiocre… Il y a un monceau de déchets.
    J’ai une expérience de cantinière bénévole dans une association qui organise des séjours de vacances. Les enfants sont à table et se servent selon leur appétit. Il n’y a aucun gaspillage.
    – Le diktat du repas « à 5 composants ». Qui mange encore comme ça à domicile ? Le 5e composant est généralement un produit industriel bas de gamme sans intérêt nutritionnel (portion de pâté ou de fromage fondu, dessert industriel…) générateur de suremballage. Il coupe l’appétit des enfants pour les aliments intéressants. En gros, en maternelle, les enfants consomment le pain et le kiri et le reste va à la poubelle, dont les haricots verts que les parents sont si contents de voir au menu.
    J’ai instauré au Foyer de Jeunes Travailleurs le repas à 4 composant : Plat principal + 2 périphériques. J’ai pu ainsi baisser les coûts, améliorer la qualité, réduire le gaspillage.
    – La terreur hygiéniste : il faut réapprendre aux professionnels les règles de conservation des aliments. Lorsque je suis arrivée au FJT, le cuisinier jetait à la poubelle tous les jours les barquettes livrées la veille par la société de restauration, même s’il elles n’avaient pas été ouvertes. On lui avait dit « qu’il ne fallait rien garder ». Il faut une vigilance des acteurs à tous les niveaux pour ajuster la production aux besoins, en se donnant le droit de reconditionner des aliments consommables. On a beaucoup fustigé le hâchis parmentier du vendredi dans les écoles des années 60. Mais était-ce si aberrant ?
    Au FJT, je mettais à disposition dans une vitrine réfrigérée les excédents du restaurant. Beaucoup de jeunes résidants à faibles moyens se servaient pour les week-end ou les petites faims nocturnes. Mais je sais que l’on aurait pu me reprocher cette pratique (qui n’a jamais intoxiqué personne, je précise !)
    En conclusion : le carcan réglementaire est à revoir, les modèles existants peuvent toujours être remis en question !

  2. Merci beaucoup Juliette pour votre écoute et votre commentaire complet ! Merci pour ce partage d’expérience qu’on peut suivre à notre échelle, là où nous sommes que ce soit à titre personnel ou professionnel !
    Sophie Nouaille

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