Carte blanche de Didier Rance

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24 mars 2018 : Dieu l’enseignant

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S’il y a une dimension du christianisme qui n’est guère mise en valeur aujourd’hui, c’est bien celle de Dieu comme premier enseignant, et plus encore le Christ (le verbe enseigneur apparaît proportionnellement cinq fois plus dans le Nouveau que dans l’Ancien Testament)  Il nous enseigne,  nous apprend ce que nous ne savions pas. Non que cela ait été ignoré de nos ancêtres dans la foi d’Occident, saint Augustin par exemple insiste sur le rôle de précepteur de Jésus envers-nous. Le terme de disciple, en français comme en latin, signifie originairement élève, apprenti, celui qui reçoit un enseignement de la part d’un maître, d’un formateur. Mais nous avons vite l’accent sur le « disciple » lui-même, son adhésion à ce qu’il reçoit et son parcours, plutôt au détriment de celui qui enseigne, et la figure de l’enseignant évoque spontanément aujourd’hui plutôt les disciplines non religieuses que la relation de Dieu avec nous, tandis que le mot maître à propos de Jésus a largement perdu sa connotation d’enseignant pour ne conserver que celle de celui qui a un pouvoir.

Mais ne voyons-nous pas, dans les Évangiles, les disciples-élèves de Jésus lui demander :   » Apprend-nous à prier ! « , et cela nous est rappelé à chaque messe qu’il enseigne alors le Notre Père. Le christianisme oriental est, lui, resté plus sensible au fait que pour qu’il y ait un élève, un disciple, il faut qu’il y ait un enseignant, et que Dieu est notre premier enseignant, et le Christ notre Pédagogue, pour reprendre l tire de Clément d’Alexandrie, Père de l’Église. Dans le christianisme syriaque c’est encore plus fort. On voir ainsi saint Ephrem, dans une de ses hymnes sur la foi, ne pas hésiter avec humour à comparer Dieu au dresseur de perroquet qui se met derrière un miroir pour lui apprendre à parler.

Cette comparaison avec un volatile en choquera plus d’un, mais saint Ephrem exalte par ailleurs notre liberté et pour lui, c’est pour nous éduquer à celle-ci que le Christ s’est fait homme, pour que nous puissions le prendre comme enseignant. Quant à ce christianisme « scolaire » qui, semble certes parfois plus un christianisme du savoir que de l’action, comme le nôtre, mais ne faut-il pas plusieurs demeures dans la maison du Père ?

 

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