Carte blanche de Didier Rance

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21 novembre 2020 : L’orange

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La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas.

Bien avant Hergé, Paul Eluard avait compris que les oranges peuvent être bleues dans le ciel de l’amour. Ou plurielles, comme dans l’opéra de Prokoviev et sa célèbre marche.

Pour le taxinomiste, l’orange est un agrume qui a de nombreux cousins, aussi courants que lui comme le citron ou le pamplemousse, ou moins connus ou plus exotiques comme le cédrat, la bergamote ou le yuzu. Tous sont en commun, et aussi avec le chat et le chien, d’êtres des « êtres » domestiqués par l’homme – mais l’orange est en général moins mobile que le matou, même si en traversant les villages du Portugal ou d’Espagne vers Saint-Jacques de Compostelle, on peut en rencontrer fort loin de l’arbre dont elles se sont détachées.

Comme beaucoup de ce qui arrive dans notre assiette, l’orange nous est venue de l’Inde via la Perse où elle a pris son nom, naranga, que l’on retrouve dans la plupart des langues européennes sous une forme ou une autre (mais, étrangement, elle a perdue en arabe pour devenir bortogan, déformation du nom du pays dont les fruits étaient les plus appréciés au temps de l’occupation arabe).

Elle apparait chez nous au Moyen-Âge, par la Sicile et sous le nom de pomme d’orange puis elle gagne en galon et n’est plus appelée que de son seul nom. Sa gaité, sa bonne humeur en en fait longtemps un cadeau plus qu’un aliment – avant que les nutritionnistes n’en fassent presque un devoir pour avoir sa ration de vitamines et autres nutriments nécessaires. Dans plusieurs régions d’Europe, c’était avec la pomme et la noix le cadeau traditionnel apporté par saint Nicolas début décembre aux enfants sages qui connaissaient leur catéchisme et leurs prières. Décoratifs dans nos pays – qu’on pense à l’Orangerie de Versailles et à tant d’autres -, les orangers sont cultivés de façon productive dans de nombreux pays. Nous consommons en moyenne une trentaine d’oranges par an, tous humains confondus. Liée au dessert, seule, crue, en confiture, en marmelade (pour laquelle un type spécial est nécessaire), dans toutes sortes de gâteaux et de pâtisseries, l’orange gagne régulièrement de nouvelles parts sur nos tables avec viandes, poissons, légumes ou en soupe. Bon appétit !

 

Didier Rance

 

 

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