Carte blanche de Didier Rance

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17 avril 2021 : Notre Père

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La richesse du Notre Père est si immense que l’on ne cesse jamais d’en découvrir de nouvelles facettes sans jamais l’épuiser, et c’est heureux car il vaut mieux que la source épuise notre soif plutôt que notre soif épuise la source.

Comme Jésus nous a l’enseigné (nous demandant même de le faire de façon exclusive – « Quand vous priez dites : ‘Notre Père…’ »), nous le prions. Mais, à l’image des apôtres, nous pouvons le faire de deux façons (parmi bien d’autres), d’abord comme ils ont dû commencer à le faire quand Jésus le leur a enseigné fac au lac de Tibériade, puis après la Résurrection.

Quand Jésus enseigne le Notre Père il commence par dire : « Ne rabâchez pas comme les païens ».  La prière païenne est une prière aux dieux ou au dieu suprême de style mitrailleuse, on multiplie les desiderata en se disant que dans le tas il y en a bien un qui touchera la divinité et on aura gagné le jackpot. C’est la prière magique, et le Notre Père en est vraiment l’opposé car comme le dit aussi Jésus :« Votre Père sait ce dont vous avez besoin avant même que vous ne le demandiez ».  Toutefois il y a quelque paradoxe quand Jésus, juif, apprend à ses apôtres juifs une prière qui commence par un Notre Père. Non que les Juifs n’aient pas le sens de la paternité de Dieu créateur– comme l’ont à peu près toutes les religions païennes envers leur dieu suprême (pensons à Zeus Pater, Jupiter), mais ils sont bien sobres en ce domaine par rapport aux autres. Et Jésus semble ici plus proche de la prière païenne, sauf qu’il en fait une prière exclusive, et non une parmi bien d’autres. Nous devons faire de même.

Et puis, après la résurrection et la Pentecôte, l’Esprit pousse les Apôtres à dire comme Jésus Abba, Papa, au Père éternel, et ils comprennent (et nous comprenons) le Notre Père d’une façon bien plus profonde, liée aux paroles du Ressuscité : « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Le Fils nous entraine par son Esprit dans l’amour trinitaire. Dieu Trinité est notre Créateur, le Père est notre Papa, cette personne qui nous aime infiniment.

En ces temps perturbés où la figure du Père est si malmenée dans notre société, nous devons plus que jamais oser dire à la suite de Jésus : « Notre Père ».

 

Didier Rance

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