Carte blanche de Didier Rance

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14 juillet 2018 : Souffrance

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Souffrance

 

En recevant une invitation des responsables la Pastorale de la Santé de mon diocèse à animer leur recollection annuelle, j’ai d’abord cru à une erreur. Mais non. Alors, comme je suis diacre, que le diacre est un serviteur et que lorsque j’ai reçu cette invitation je n’avais pas d’engagement pour la date proposée, j’ai dit : « D’accord ». Puis je me suis demandé ce que je pourrais partager. Je n’ai aucune compétence et guère d’expérience dans ce domaine, même si j’en ai comme patient de la maladie et de l’hôpital et si j’ai accompagné quelques personnes dans leur dernière étape en ce monde. Que dire alors ? Surtout pas essayer de bluffer comme si j’avais cette compétence que je n’ai pas. La seule chose que je pouvais faire, c’était parler de ceux que j’ai appris à connaitre un peu, les martyrs et ceux qui ont été ou sont persécutés en notre temps. Pas en général, mais en cherchant ce qui, dans leur témoignage, pourrait rejoindre l’expérience de la maladie.

Ceci m’a conduit à explorer deux pistes : la souffrance et le pardon. Si l’on part de ce qu’on voit, le persécuté est d’abord un souffrant, parfois jusqu’à la mort violente. Certes, nous distinguons à juste titre les souffrances infligées par autrui de celles qu’infligent les maladies et celles infligées involontairement de celles infligées volontairement. Mais par ailleurs la souffrance est la souffrance, quels qu’en soient les responsables.  Or que nous apprennent les martyrs ? Pour la souffrance, ils disent à leurs bourreaux : « Tu peux torturer mon corps, mon âme et mon cœur, tu peux me tuer, mais tu ne peux décider, toi, du sens de mes souffrances, de ma vie et de ma mort ». Et par leur pardon, ils suivent Jésus à la croix quand ils l’offrent d’eux-mêmes à leurs bourreaux (j’ai récemment évoqué celui des martyrs d’Albanie), même si la plupart du temps ceux-ci le refusent, voire y voient un motif supplémentaire pour torturer leur victime. Or face à la maladie, et surtout quand celle-ci conduit à la mort, n’est-ce pas la liberté qui nous reste et l’appel que nous lance le Christ : associer nos souffrances aux siennes, en faire un témoignage de charité et se libérer des zones d’ombre que les pardons non donnés ont creusé en chacun ?

 

Didier Rance

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