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Samedi à 7h07, 16h57 - Dimanche 10h01, 14h26, 20h25 311 podcasts

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À nouveau sur la Via FrancigenaLes poètes de tous horizons ont plus d’une fois évoqué, avec une nostalgie certaine, ce qu’apportent soit la répétition des lieux des faits ou des choses, soit leur soudaine célébrité – c’est ce qu’on peut appeler leur « rétrécissement », une perte certaine de valeur, de goût, voire d’intérêt pour qui les connaissait avant.Je le vis cette année en marchant à nouveau sur la Via Francigena vers Rome, 12 ans après mon premier pèlerinage – alors de Nancy à Rome -, même si cette année je ne suis parti que de Sienne.D’abord tout vous est facilité, des panneaux, des flèches, et de plus les applications Via Francigena sur Internet vous prennent par la main. Aucune chance de se perdre, avec ce que cela signifie d’inquiétude sur le moment et de joyeux souvenir ensuite.De plus la célébrité. Nous étions à peine un millier de pèlerins pour toute l’année 2010 et il faut multiplier par plusieurs dizaines ce chiffre aujourd’hui. Bon et bien ! Mais comme Compostelle, la motivation religieuse s’étiole au fur et à mesure que la motivation sociale ou de mode croit. Et si il y a encore des auberges de pèlerins où l’on vous demande la raison de votre présence sur la Via Francigena, j’ai constaté dans un que le grand  « R » pour « religieuse » était en dessous de 5 % là où c’était près de la moitié il y a 12 ans – mais voyons le côté positif de la chose, l’occasion de témoigner de notre foi chrétienne, parfois d’évangéliser ou d’aider à réévangéliser une cendre apparente où le feu est toujours dessous.Il y aurait encore beaucoup à dire sur la commercialisation du parcours, là aussi comme vers Compostelle, voire sur son utilisation politique par un maire ou un président de région, mais il y a bien mieux à faire.En particulier ceci.D’abord ces lieux de foi qui vous attendent partout avec un bel effort de l’église d’Italie pour les présenter en plusieurs langues, que ce soit les miracles eucharistiques, les grands saints de cette terre qui en est riche, les fêtes de la foi.Et puis c’est résurgence toujours possible de la magie du chemin. Ainsi hier chez Immacolata et Franco, deux pèlerins au long cours puis hospitaliers de Saint Jacquie, l’âge de la retraite est arrivé, ils ont acheté une maison sur la Via Francigena pour accueillir les pèlerins, invité à dîner avec eux. Une soirée durant, nous avons partagé bien des souvenirs communs et toutes les grâces que donnent les rencontres et les partages sur le chemin.Oui cela vaut toujours la peine de mettre un sac à son dos et de partir vers Rome ou vers Compostelle !

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