Carte blanche de Didier Rance

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Encore la fraternité

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J’étais resté la semaine passée sur les frères de Joseph entendant renouveler le geste de Caïn, après une fraternité qui jusque-là, dans le livre de la Genèse, en voit de toutes les couleurs (sombres). Mais c’est précisément avec la suite de cette histoire que cela change. En effet, pour la première fois dans la Genèse, dans la Bible, apparait une inflexion positive. L’histoire de Joseph et de ses frères en Égypte nous offre le premier exemple de fraternité non seulement reconquise mais des fruits qu’elle porte. Elle offre un miroir et une espérance pour nos propres difficultés à être frère ou sœur, quel que soit le mode de fraternité : de sang, de nation, den humanité, de baptême ou autre. Tout cela apparaitra ensuite, mais il y a là déjà une donnée fondamentale : tout commence, notez-le bien, par le repentir des frères de Joseph : « Hélas ! nous sommes coupables envers Joseph notre frère » et par les pleurs de celui-ci, qui anticipent déjà son pardon. Ce qui se passe peut être résumé en quelques mots : à travers le repentir compatissant de frères de Joseph et la compassion de celui-ci en retour, des frères se découvrent soudain comme prochains les uns des autres, au sens que Jésus donnera à ce mot dans l’Évangile. N’est-ce pas là le secret de toute fraternité selon le cœur de Dieu ?

Il faudrait ensuite – faites-le, c’est très enrichissant – voir à travers la Bible comment le terme s’élargit depuis ceux qui peuvent dire « même père, même mère », pour désigner le demi-frère, le cousin, l’oncle ou le neveu, celui du même village, de la même tribu, de la même nation, l’allié, le frère en humanité – une évolution qu’ignorent ceux qui récusent Marie toujours vierge par une lecture littéraliste des Évangiles et s’en tiennent au seul sens de frères de sang. Au contraire, dans les Évangiles et le Nouveau Testament, la fraternité va jusqu’à exploser les liens « naturels », à commencer par Jésus qui nomme tel ses disciples, en passant par les 160 mentions du mot pour désigner les Chrétiens dans le Nouveau Testament et pour arriver à saint Paul, pour qui Jésus est « l’ainé d’une multitude de frères ». Vive la fraternité, don de notre Père des Cieux.

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