Mgr Michel Aupetit

Mgr Michel Aupetit s'interroge sur la peur de la mort chez les catholiques.

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris.

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». C’est cette devise que Mgr Michel Aupetit choisit en 2004, lors de sa nomination à la tête du diocèse de Nanterre. Pas vraiment étonnant pour ce fils de cheminot, né en 1951 à Versailles, et qui a grandi dans une famille non pratiquante, même si sa mère avait une « foi profonde ». Sa première vocation ? La médecine. « Je supportais mal de voir souffrir ceux que j’aimais », explique Mgr Aupetit. La Faculté de Necker, Bichat, l’étudiant s’imagine déjà en médecin de campagne. Il ouvre son cabinet de généraliste en 1979 à Colombes. « La médecine m’a appris à m’occuper de l’homme dans sa totalité », dit-il, « à lui apporter le soulagement, la guérison et parfois la consolation ». La foi, elle, n’est jamais loin. A 20 ans, Michel Aupetit achète sa première Bible. Il poursuit son cheminement à coups de lectures, de retraites et de cours de théologie, marqué notamment par la figure de Grignion de Montfort. A chaque messe dominicale, il se cache derrière un pilier « pour être discret ». « C’est le Seigneur qui m’a sorti de mon pilier », raconte Mgr Aupetit. En 1990, à l’âge de 39 ans, il annonce à ses associés qu’il entre au Séminaire.

La Maison saint Roch, la Maison saint Aignan, le baccalauréat canonique de théologie… Il a 44 ans lors de son ordination sacerdotale par le cardinal Lustiger. Vicaire à Saint Louis en l’Île, puis à Saint-Paul Saint-Louis, en 2001, le père Michel Aupetit est nommé curé à Notre-Dame de l’Arche d’Alliance.

« Le prêtre ? Il apporte quelque chose en plus », répète-t-il, « le Salut de la part du Christ ». Vicaire général en 2006, puis évêque auxiliaire en 2013, Mgr Michel Aupetit connaît bien le diocèse de Paris. C’est la même question que ses prédécesseurs qui le préoccupe : comment l’Eglise peut-elle rejoindre les personnes qui ne lui demandent plus rien ? Dérives eugénistes, GPA, euthanasie… Celui qui fut président de Radio Notre Dame a longtemps « exploré l’air du temps » dans ses chroniques hebdomadaires, dénonçant, non sans humour, ce qu’il appelle « les pollutions éthiques ». Car, au-delà du « troupeau du Christ », c’est bien « sur l’humanité entière », que celui qui est devenu archevêque de Paris en décembre 2017 entend veiller. « Puisque », conclut Mgr Michel Aupetit, « Jésus est venu donner sa vie pour la multitude ».

Amoureux de Brassens, Mgr Aupetit aime aussi les Beatles. Autre talent : sculpteur sur bois, il a réalisé le Christ à l’entrée de Notre-Dame de l’Arche d’Alliance.

Ses principaux écrits : « La mort et après ? », « L’embryon, quels enjeux ? », « Construisons-nous une société humaine ou inhumaine ? », « La mort: Méditation pour un chemin de vie » et « Humanae Vitae: Une prophétie ».