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Petites histoires d’Epiphanie : pourquoi cache-t-on une fève dans les galettes ?

Une semaine après l’Epiphanie, nous poursuivons notre série autour de cette fête catholique qui célèbre l’apparition de Jésus au monde. Interrogeons-nous aujourd’hui sur l’histoire de la fève, glissée dans la galette des rois, qui n’avait pourtant rien de religieux à son origine.

A peine est-elle sortie du four qu’elle fait déjà saliver les plus gourmands et laisse futurs rois et futures reines songeurs. Mais qui aura donc la couronne dorée ? Toutes les techniques sont bonnes pour dénicher la précieuse fève : analyser chaque part, la soupeser, la retourner puis l’échanger en toute discrétion. Si vous avez déjà pratiqué l’une de ces astuces, sachez que vous n’êtes pas seuls ! D’après un sondage demandé par Epicery : 79% des Français admettent avoir déjà triché pour obtenir la fève. Une filouterie qui ne date certainement pas d’hier.

 

Une tradition qui date de l’Antiquité

 

Notre engouement pour la fève remonte à l’Antiquité. Les Romains instaurent cette tradition au moment des fêtes des Saturnales, des rassemblements populaires entre décembre et janvier, qui célèbrent le solstice d’hiver et le retour de la lumière. Maîtres et esclaves se retrouvent alors sur un même pied d’égalité le temps de ces célébrations et participent à un même rituel : la désignation d’un roi de fantaisie. Rien n’atteste pourtant que le roi soit désigné au moyen d’une fève. Les historiens penchent plutôt pour un tirage au sort grâce à des osselets ou des dés. La première mention d’une fève remonte au Moyen-Age : un livre liturgique, Les heures d’Adélaïde de Savoie, présente à travers l’une de ses illustrations, un enfant réfugié sous une table et qui a la charge de désigner à qui revient la fève. 

 

Une fève en forme de petit Jésus jusqu’à la révolution

 

C’est à cette période médiévale que la tradition autour de la fève est la plus foisonnante : une nouvelle coutume appelée “le Roi boit” complète toutes celles qui existaient jusqu’alors. Une fois le roi désigné, celui-ci devait payer sa tournée à tous les convives installés à sa table. Gagner la fève n’était donc pas chose rêvée comme aujourd’hui. On dit même que les plus avares avalaient la fève, alors sous forme de haricot, afin de ne pas régler la note collective. C’est pour éviter ce stratagème que la fève en porcelaine aurait été inventée. Si aujourd’hui il existe des milliers de figurines différentes, des personnages de dessins animés, des villes, des images de marques à s’y perdre, la seule et unique fève répandue à l’époque représente Jésus. Celui-ci a été remplacé au moment de la Révolution française, crise religieuse oblige, par un bonnet phrygien, dont il est le symbole. 

En porcelaine, en plastique, personnalisée ou en édition limitée, aujourd’hui, face à l’immense quantité de fèves existantes, une activité de collectionneurs est née. On les appelle les “fabophiles”. Ces hommes et femmes à la patience d’archivistes, en collectionnent parfois plusieurs dizaines de milliers.