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Il y a 150 ans, la Vierge Marie apparaissait à Pontmain en Mayenne

Le 17 janvier 1871, il y a 150 ans jour pour jour, quatre enfants ont raconté avoir vu la Vierge Marie dans le village de Pontmain (Mayenne). À l’occasion de cette année anniversaire, la rédaction de Radio Notre Dame revient sur cette apparition reconnue par Mgr Wicart, évêque de Laval en 1872, après une enquête canonique.

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Le sanctuaire de Pontmain a été construit en 1872 en l’honneur de la Vierge Marie, un an après son apparition aux quatre enfants du village.

Cela se serait produit en soirée, vers 17h30, le 17 janvier 1871, alors que la nuit était déjà tombée. Le village était recouvert de neige, il faisait très froid et la France était en guerre contre la Prusse. Depuis le 23 septembre 1870, 38 jeunes de la paroisse s’étaient engagés dans le conflit sans que leurs proches aient de nouvelles.

Une apparition visible uniquement par les enfants

Ce soir-là, deux enfants, Eugène et Joseph Barbedette, aident leur père dans la grange, à piler les ajoncs pour la nourriture de la jument. Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène en aurait profité pour faire une pause et aller prendre l’air. C’est à ce moment-là, qu’il aurait vu, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, une femme qu’il décrit comme  » une Belle Dame ». Selon la description qu’il en donne, elle avait les bras tendus et accueillants, et portait une robe bleue parsemée d’étoiles d’or. Elle était au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles – deux au niveau des coudes et une au- dessus de sa tête. Quelques minutes plus tard, le frère d’Eugène, Joseph, l’aurait rejoint et observerait également la présence de la Belle Dame. Les adultes ne voient rien, si ce n’est les trois étoiles.

Victoire, la mère des deux garçons, se rend à l’école pour y trouver sa sœur, Vitaline, et lui demander de venir à la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et en revient avec une autre sœur, Marie-Edouard, et trois petites pensionnaires. À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé s’écrient : « Oh ! La belle Dame ! Qu’elle est belle ! » et la décrivent à leur tour.

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Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer ainsi que Jeanne-Marie Lebosse sont les enfants qui ont vécu l’apparition reconnue de la Vierge Marie.

Une série de prières réunit le village autour de la Vierge Marie

Selon le récit du père Henri- Michel Ledauphin, la sœur Marie-Edouard aurait prévenu le curé du village, l’abbé Michel Guérin, tandis que sœur Vitaline commençait à prier avec les gens qui accouraient de plus en plus nombreux. Lorsqu’il arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (voilà quelque chose qui se fait) et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.

Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter et la Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité » dit Eugène. « Prions » ajoute M. le curé. Sœur Marie-Edouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle : « C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! » Après le chapelet, on chante le Magnificat. Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (voilà encore quelque chose qui se fait). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or.

La grange
La grange de la famille Barbedette depuis laquelle les enfants auraient vu la Vierge Marie leur apparaître.

Dieu vous exaucera en peu de temps

Au fur et à mesure des chants, un message s’écrit. D’abord le mot « Mais », qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». A la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point : Mais priez mes enfants Dieu vous exaucera en peu de temps. Les chants se poursuivent, avec l’Inviolata, et une deuxième phrase s’inscrit : Mon fils se laisse toucher.

Suit un autre cantique et les enfants deviennent subitement tristes car le visage de la Vierge s’est émeut à l’évocation de Jésus. C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : JÉSUS CHRIST. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent. Puis sœur Marie-Edouard chante l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparaît et la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire « un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 20h30 et quelques minutes après, la jolie dame aura disparue.

Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 25 janvier. Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique, Mgr Wicart, évêque de Laval publie un mandement dans lequel il déclare : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »

A l’occasion des 150 ans de l’apparition de Pontmain, le sanctuaire organise trois jours en l’honneur de la Vierge Marie, du 15 au 17 janvier 2021. Au programme : conférences, messes, chapelets. En raison du couvre-feu, les veillées prévues sont cependant annulées. La messe solennelle à la basilique (328 places) ne sera retransmise que dans l’église paroissiale (45 places).

Le 17 janvier marquera également le lancement du Grand Jubilé qui durera un an et permettra à chacun de découvrir ou redécouvrir le mystère de l’apparition de Pontmain. Un parcours jubilaire « Les mystères de Pontmain » est mis en place qui revient sur les cinq étapes qui ont marqué le déroulement de l’apparition : l’église paroissiale, la grange, la colonne de l’apparition, le calvaire et la basilique.