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Henri Guaino : « Il y a clairement un tropisme qui n’est pas favorable à Nicolas Sarkozy »

Suite à la condamnation de Nicolas Sarkozy dans le cadre du procès des écoutes, Henri Guaino, ancien conseiller du président, s’est exprimé sur ce verdict historique dans Le Grand Témoin du jour.

Henri Guaino
Henri Guaino – ABACAPRESS

Nicolas Sarkozy est devenu lundi le premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme, à un an pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des « écoutes », une décision dont il va faire appel. Avant lui, seul Jacques Chirac avait été sanctionné par la justice, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris. 

Henri Guaino, ancien commissaire général au Plan, a été conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et député. Il était ce matin au micro de Louis Daufresne pour revenir sur ce verdict historique et sur sa vision de l’avenir de la droite. D’abord silencieux, puis hésitant, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy a finalement rejoint le sentiment général qui envahit le camp de la droite depuis hier : la stupéfaction. « Non je ne m’attendais pas à ce verdict« , détonne-t-il. 

Face au verdict, la droite stupéfaite

Je crois que personne ayant suivi ce procès à l’exception du parquet, ne s’attendait à une telle décision compte tenu de la démonstration du vide du dossier par les avocats”. Si certains cadres du parti Les Républicains ont condamné la décision judiciaire en jouant la carte de la retenue, Henri Guaino ne mâche pas ses mots. 

L’auteur de « De Gaulle, le nom de tout ce qui nous manque » (Rocher)  reprend à son compte le refrain habituel usé par certaines personnalités politiques sur les failles d’une “justice partiale”, coupable selon lui de “faire passer ses opinions personnelles avant les faits et le droit”. “Il y a clairement un tropisme qui n’est pas favorable à Nicolas Sarkozy, ça n’est pas nouveau”, explique-t-il. « Cette affaire est emblématique d’une dérive constante de l’institution judiciaire et de la place qu’elle veut occuper dans la société. On est entré dans la lutte des pouvoirs entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire qui entend s’ériger en pouvoir ». Un argumentaire déroulé par l’avocat Régis de Castelnau, assis à ce micro, le 8 février dernier. Pour le magistrat qui a analysé la justice politique des années Chirac à Macron, l’institution s’est politisée. 

La partialité de la justice pointée du doigt par les défenseurs de Nicolas Sarkozy

Sur l’indépendance du parquet national financier, Henri Guaino rejoint ainsi l’avis du maire de Nice, Christian Estrosi.

Sur Twitter, ce dernier a regretté une décision qu’il juge « extravagante » : « Il n’est jamais bon que les politiques se mêlent de justice, ni que les magistrats fassent de la politique ». D’après Henri Guaino, “les actes de gouvernement ne peuvent pas être jugés par le juge ordinaire, sinon il devient le juge de la démocratie”. “La judiciarisation de la société a détruit la république romaine, la monarchie française. Va-t-elle détruire la démocratie française ?”, s’interroge-t-il. 

 

Avant de s’attaquer au régime symbole de la France, la “judiciarisation de la société” telle qu’elle est dénoncée par les soutiens de Sarkozy pourrait-elle affecter le parti de la droite qui se cherche un candidat pour 2022 ? A la question “quel est l’état de la droite aujourd’hui ?”, Henri Guaino élude, arguant que le problème de l’incarnation politique s’est généralisé selon lui : “La gauche a fait exactement pareil : elle a existé dans l’histoire quand elle a été incarnée ». Or, aujourd’hui, d’incarnation, il n’y a plus : “Macron n’a rien incarné du tout, il a été le produit de l’arithmétique électorale. Aujourd’hui plus personne n’incarne vraiment quelque chose. C’est pour ça que la démocratie est en crise”.