le direct Musique sacrée

« Dieu a été avec moi dans l’enfer des attentats » : le témoignage d’une rescapée des attentats de Bruxelles

Rescapée de l’attentat de l’aéroport de Bruxelles en 2016, Janet Winston-Young publie aujourd’hui « Paris-Bruxelles au cœur des attentats » (Le Passeur), dans lequel elle refait le fil de l’histoire, de son histoire, et raconte son rapport à la foi qui l’a probablement sauvée.

People gather in memory of the victims of the Brussels airport and metro bombings, on the Place de la Bourse in central Brussels, Belgium, on March 23, 2016, a day after the triple blasts killed some 30 people and left around 250 injured. World leaders united in condemning the carnage in Brussels and vowed to combat terrorism, after Islamic State bombers killed around 35 people in a strike at the symbolic heart of the EU. Photo by Diego Ravierl/UPI/ABACAPRESS.COM Attentat Attentats Attentat Recueillement Hommage Meditation Terrorisme Terroriste Terrorism Attentat de Bruxelles Attentat à Bruxelles Attentat en Belgique Attentat du 22 Mars 2016 Attentat a Bruxelles | 540206_015 Bruxelles Brussels Belgique Belgium
Photo par Diego Ravierl / UPI / ABACAPRESS.COM

Au matin du 22 mars 2016, Janet Winston-Young se rend à l’aéroport de Bruxelles avec son mari Fred. Ce dernier s’apprête à monter dans un avion direction Atlanta, dans le cadre de son travail. Le couple se trouve dans une file d’attente lorsque un « clac » « et non pas un boom » retentit. Une bombe vient d’être déclenchée par un kamikaze à quatre mètres de Janet et de son époux qui sont projetés à terre. « Nous nous sommes évanouis instantanément, puis je suis un petit peu revenue à moi lorsque j’ai entendu un boom plus loin. C’était la deuxième bombe« . A ce moment précis, Janet se pense proche de la fin : « Je me suis dis que j’étais en train de mourir et pourtant j’étais bien, paisible« . Pour Janet, ce moment est cerné par quelque chose de spirituel qu’elle peine encore à définir, elle qui a reçu une éducation chrétienne mais qui se rendait à l’église « plus pour jouer au ping-pong que pour prier ».

Des signes prémonitoires

Il faut dire que la mère de famille semblait davantage sensible aux signes et pensées prémonitoires quelques semaines avant le drame. « Je ne suis pas d’un naturel très anxieux ou qui craint l’avenir mais quelques mois avant les attentats, j’allais au lit en me demandant « et si quelque chose arrivait à Fred« . Le matin des attentats, « 35 minutes avant que la bombe n’explose« , elle se surprend à prononcer une prière pour se protéger, elle et les siens, là où ils sont. Une demi-heure plus tard, la bombe explose et fait un carnage (18 morts au total). Pourtant, Janet et Fred s’en sortent. N’est-ce qu’une question triviale de « loterie » ? Peut-être. « Quand une bombe explose, ce n’est pas de façon égale, certaines personnes sont touchées, d’autres pas », affirme-t-elle fataliste. Est-ce une question de bonté divine ? Peut-être aussi. « Je crois que Dieu avait décidé qu’on devait être encore là », admet-elle. Pour Janet, toutes les questions restent ouvertes. Une chose est sûre, l’événement a renforcé sa foi et l’a « poussé à faire le pari de Dieu ».

« Le réalisme de la Bible m’a aidée »

Quand son mari la retrouve à terre, tous deux parviennent malgré leurs blessures, à se diriger vers la sortie de l’aéroport ensanglanté. Dans cette vision d’horreur des corps abîmés, Janet garde une pensée pour un passage de la Bible qui fait notamment référence à un verset de la Genèse : « Le cœur de l’homme est porté par le Mal ». « Quand on se trouve au cœur du mal, on se rend compte que la Bible est d’un réalisme. Ce réalisme m’a aidé, au moins j’avais une explication », résume-t-elle.

Si hier les attentats nous ont rappelé la proximité de la mort, la pandémie nous détourne une fois encore des tracas quotidiens pour nous recentrer sur des questions existentielles que l’on fuit habituellement : « Ce qui m’a le plus frappé après les attentats, c’est la manière dont les gens étaient ouverts à parler de ces choses-là. Alors que d’habitude, personne ne parle de l’essentiel ». Là seule différence avec le contexte actuel, c’est qu’à l’époque nous pouvions en parler librement, sans barrière et gestes barrières. « Je pense que maintenant, on est tous enfermés avec la pandémie, et ça tourne dans la tête et dans le cœur. On a tous besoin de parler de questions fondamentales ». Paris-Bruxelles-au-coeur-des-attentats