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Petites histoires d’Epiphanie : Les rois mages étaient-ils vraiment trois ?

Nous fêtons ce mercredi 6 janvier l’Epiphanie, aussi fête de l’adoration des Mages. Pour tous les chrétiens, ce jour symbolise l’apparition de Dieu à toute l’humanité représentée par les mages venus du bout du monde. Mais que sait-on vraiment de Gaspard, Melchior et Balthazar ? Réponse dans ce premier volet d’une série de quatre épisodes consacrés à l’Epiphanie durant tout le mois de janvier !

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Guidés par la lumière d’une étoile, des hommes, venus de contrées lointaines  et chargés de cadeaux, ont fait route dans le désert. Dans une grotte à Bethléem, devant l’enfant Jésus emmailloté, ils se sont prosternés. A l’évocation de ce tableau, trois noms viennent à l’esprit : Gaspard, Melchior et Balthazar. Cette histoire et ces symboles font sens pour la plupart d’entre nous, croyants ou non croyants. Mais au fond, que sait-on vraiment de ces Mages ? D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? La Bible nous livre finalement assez peu de réponses. Ainsi, aucune allusion n’est faite sur leur nombre, pas même sur leur statut de “rois” qui semble pourtant évident aux yeux des contemporains. La seule mention de leur venue se trouve dans l’Evangile selon Matthieu. L’apôtre décrit “des mages d’Orient” qui “arrivèrent à Jérusalem”. “Ils dirent  »Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.” 

Une succession d’auteurs se sont ensuite chargés de compléter ces quelques lignes laissés en suspens au milieu du 1er siècle. Il faut attendre le IIIe siècle pour que l’on qualifie ces hommes de “rois”, sous la plume de l’auteur antique Tertullien. Puis, il faut encore patienter jusqu’aux VIe et VIIe siècles pour qu’ils reçoivent un nom et une origine. 

« Trois », un chiffre hautement symbolique

Quant au chiffre “trois”,  hautement symbolique dans la religion, il semblerait qu’il ait été choisi de manière arbitraire. Il fait d’abord référence aux 3 continents : Asie, Afrique et Europe, qui étaient les seuls connus à l’époque. C’est aussi l’image des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. Mais, il représente surtout le nombre de cadeaux apportés au petit Jésus : l’or, l’encens et la myrrhe. 

Sur cet aspect comptable, les archives écrites ou artistiques ne sont pas claires. Les peintures murales des Catacombes de Priscille à Rome en montrent trois quand celles de Saint-Pierre et Marcellin en font figurer deux ou même quatre dans les Catacombes de Domitille. Une œuvre de d’Edgar Schaper au 20e siècle, achève de semer le doute. L’artiste allemand glorifie un quatrième “roitelet” originaire de la lointaine Russie. 

N’en déplaise aux férus d’histoire, ce détail numérique ne doit pas faire oublier la vraie raison de cette fête de l’Epiphanie en ce 6 janvier : l’apparition du Messie venu et incarné.