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La journaliste Anne Nivat : « Ce qui m’intéresse ce sont les histoires humaines et pour les raconter il faut aller les chercher sur le terrain »

Une BD, c’est également « une autre façon de produire du travail journalistique ». Grand reporter de guerre, Anne Nivat partage sa conception du métier au micro d’Yves Delafoy dans « Le Choix de la rédaction ».

dans la gueule du loupElle a couvert de nombreux conflits dans des pays à majorité musulmane. Elle a reçu le Prix Albert Londres en 2000 pour la parution de « Chienne de guerre » et la couverture du conflit en Tchétchénie. Aujourd’hui, Anne Nivat publie avec le dessinateur Horne et Jean-Marc Thévenet une Bande Dessinée intitulée « Dans la gueule du loup » (éditions Marabout). « Ce qui est important, c’est le travail que je produis », répète-t-elle, « la presse écrite reste mon socle, puis j’ai glissé vers la télévision que j’aime pour la puissance de l’image et du direct et là j’ai décidé d’aller vers la bande dessinée, car c’est une autre façon de produire du travail journalistique ». Son objectif avec cette BD ? « Sortir des stéréotypes sur la guerre ». « Les dessins de Horne sont d’une puissance inouïe et en même temps d’une grande poésie », explique Anne Nivat, car « dans la guerre il y a la vie ».

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Journaliste de guerre

Pourquoi être devenue reporter de guerre ? « La détermination et la constance font que c’est devenu pour moi ma façon de faire du journalisme », souligne Anne Nivat. « Ce qui m’intéresse ce sont les histoires humaines et pour les raconter il faut aller les chercher sur le terrain ». « Un des messages de cette BD, c’est qu’aucun de ces conflits ne sont terminés, même si on n’en parle plus dans les médias », ajoute-t-elle. Autre message essentiel : « il faut faire attention aux autres et à l’Autre, avec un A majuscule ». La mission du reporter de guerre ? Se rendre sur place pour « retranscrire la complexité d’une situation ». « Il faut contextualiser, hiérarchiser, vérifier ses sources », explique Anne Nivat, « il ne suffit pas de sortir son smartphone ». « Mon parti pris », ajoute-t-elle, « c’est d’aller voir toutes les parties en présence, y compris les civils, cette majorité qui ne prend pas les armes et qui subit la guerre… J’essaie de retranscrire leur quotidien ». Et ne lui demandez pas si être une femme lui a compliqué la tâche. Cela l’exaspère : « ce n’est pas un problème ni dans la guerre ni en dehors de la guerre ». « En m’adaptant aux coutumes locales en m’habillant comme une femme locale, j’ai pu entrer dans cette guerre. Il faut de l’humilité et du respect mutuel ». Quant à sa conscience morale, Anne Nivat a toujours veillé à la séparer de son travail . « Qui suis-je pour juger qui a tort qui a raison, qui suis-je pour donner mon avis ? Ceux qui me lisent avec attention comprendront certaines choses… Le lecteur comprend tout ». Et Anne Nivat de rappeler : « le plus intéressant, c’est de montrer tous les points de vue, pour que le public puisse se faire sa propre opinion ».

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