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Bicentenaire de la mort de Napoléon : l’Empereur et la foi catholique

Son héritage est l’objet de toutes les controverses. Mais quels étaient les liens de Napoléon avec la religion ? L’essayiste et enseignant en histoire Philippe Bornet nous en dit plus au micro de Louis Daufresne.

Napoleon-et-DieuPhilippe Bornet est journaliste, romancier, essayiste, il est l’auteur de « Napoléon et Dieu » (Via romana), fruit d’un long travail car il existe très peu d’ouvrages sur la question de la relation de Napoléon avec la religion, alors qu’aujourd’hui encore, plus d’un ouvrage par jour paraît sur l’Empereur.

« C’est politiquement incorrect », souligne Philippe Bornet

« Napoléon est controversé », explique l’essayiste, « car il est considéré de droite pour les gens de gauche et de gauche pour les gens de droite ». Mais l’Empereur a très vite compris que le pouvoir reposait « sur deux jambes, la puissance et l’autorité ». « L’autorité vient de Dieu », ajoute Philippe Bornet, « il l’a compris dès le début, dieu doit exister pour l’ordre social ».

L’attachement de Napoléon à la religion catholique

Le jeune Bonaparte a reçu une éducation très stricte. Et Philippe Bornet d’évoquer une célèbre anecdote racontant qu’alors que sa mère lui demandait d’aller aider le curé à servir la messe, Napoléon, réticent, s’était vu administré une fessée cul nu. « Il s’en souvenait encore à Sainte Hélène ! ». « Le plus beau jour de ma vie, c’est ma première communion ». C’est ce qu’aurait dit Napoléon, selon le témoignage de son grand ami, le général Drouot. « Napoléon a toujours refusé de communier par respect pour l’eucharistie et peur de faire un sacrilège », explique Philippe Bornet. « Il a eu une jeunesse assez pieuse avant de connaître la tornade révolutionnaire », raconte le professeur d’histoire, « étourdi par le pouvoir, il a toujours veillé à être bien avec le pape ». C’est lors de son retour de Sainte-Hélène que l’Empereur commence à s’interroger : d’où venons-nous, qui sommes-nous et où allons-nous ?

« Sa conversion a eu lieu auprès de l’abbé Vignali, son aumônier, au moment de sa mort ».

Pour Philippe Bornet, « Napoléon a enduré le martyre qu’il a fait vivre à Pie VII ». Son oncle, le cardinal Fesch lui disait lui-même : « Dieu l’a humilié et donc il est sauvé ». Quant à savoir si l’Empereur a été franc-maçon : « Oui », répond l’essayiste, « c’était un ennemi de l’intérieur. Quand on rentre dans la franc-maçonnerie ce n’est pas toujours pour la servir, mais pour s’en servir ».


>> Nos émissions consacrées au Bicentenaire de la mort de Napoléon

>> Culture Club avec David Chanteranne et Jean-François Coulomb des Arts, pour leur livre « Napoléon, les derniers témoins racontent » (Le Rocher)

Commentaires

  1. En effet, Napoléon fut initié au sein de la confrérie des Franc-maçons, au sein de la filiation du Grand Rite de Cagliostro (futur et actuel Ordre de Misraïm) le 19 décembre 1798. Cf. « Mémoires historiques et secrets de l’Impératrice Joséphine. . . » par Mlle Marie-Adélaïde Le Normand, Ed. Dondey-Dupré ; et « Verbum Diminum, Sciences et secrets des grimoires maçonniques », Ed. Bussière.

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