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Affaire Sarah Halimi : « La critique de cette décision, c’est un refus d’admettre qu’on ne juge pas les fous »

La tragédie de l’Affaire Halimi a ému le pays entier et la récente décision de la cour de Cassation suite à la conclusion des experts sur la non-responsabilité des actes de l’assassin, n’a fait que redoubler cette indignation. Pourtant, faut-il vraiment remettre en question cette décision judiciaire qui va à contre-courant de l’avis général ? L’avocat Régis de Castelnau nous éclaire sur cette question.

L’actualité est marquée par une succession d’affaires judiciaires qui font réagir notre invité dans Le Grand Témoin du jour : l’avocat Régis de Castelnau.  L’avocat à la cour vient d’ailleurs de publier récemment un livre (Une justice politique – des années Chirac au système Macron, histoire d’un dévoiement), qui brosse un état des lieux peu élogieux de la justice française aujourd’hui. Il revient pour Radio Notre Dame sur trois affaires, en France et outre-Atlantique qui nous conduisent à réfléchir au rôle de la justice. D’abord le verdict contre Derek Chauvin l’ex-policier blanc, meurtrier de George Floyd en mai 2020. Puis, la polémique sur le procès en appel de l’attaque des policiers de Viry-Châtillon (cinq jeunes condamnés à des peines allant de 6 à 18 ans de prison pour avoir avoir brûlé des agents de police). Enfin, que faut-il penser dernier avis de la Cour de cassation dans l’affaire Sarah Halimi ? Pour rappel, l’affaire Halimi fait suite au meurtre en avril 2017, de Sarah Halimi, une médecin tout juste retraitée. La sexagénaire de confession juive est sauvagement assassinée par son voisin, Kobili Traoré, un musulman de 27 ans, qui la roue de coups aux cris de « Allahou Akbar » en récitant des versets du Coran, avant de la défenestrer depuis son balcon, dans un quartier de Belleville, dans l’est de Paris. Cette affaire est-elle un échec du système judiciaire français, comme le dit le Congrès juif européen ? 

 

“On ne juge pas les fous. On juge les personnes qui sont responsables de leurs actes. Je pense que c’est qqch de tout à fait essentiel.”

 

Pas selon Régis de Castelnau, qui revient sur la notion de responsabilité pénale tant critiquée à l’issue de l’expertise psychiatrique de l’assassin de Sarah Halimi : “Le meurtre de Madame Halimi est abominable dans son déroulement, dans la durée, c’est atroce. Le problème souligné ici c’est qu’en France, comme dans la Rome antique et comme partout, on ne juge pas les “fous”. On juge les personnes responsables de leurs actes. Je pense que c’est quelque chose de tout à fait essentiel.” Or, comme l’a rappelé l’un des experts psychiatriques dans un article de l’hebdomadaire Marianne, “Kobili Traoré était en proie à une bouffée délirante au moment de la commission de son crime, après avoir consommé du cannabis.” Sept experts ont été consultés sur ce dossier, et six sont arrivés à la même conclusion. 

Pour Régis de Castelnau, même si l’affaire est dramatique, le respect du code pénal n’en reste pas moins un impératif, d’autant que cette notion de responsabilité des actes est acquise depuis le premier code pénal de Napoléon en 1810 : “La folie c’est une abolition de la conscience”. Or, au moment du crime, le sujet est en proie à “une altération de conscience”, qu’importe la manière dont sa folie est provoquée (si c’est parce qu’il a consommé de la drogue ou non) : “Il n’a pas été déclaré irresponsable parce qu’il avait consommé du haschisch mais parce qu’il est fou. Cette folie est liée à une surconsommation de haschisch, ça a fini par le détruire et là on refuse de regarder le problème en face”. Et de conclure : “La critique de cette décision, c’est un refus d’admettre qu’on ne juge pas les fous”.

 

Commentaires

  1. si je comprends bien mon cher beau frère il suffit après avoir commis un crime aroce d’être déclaré irresponsable ou poursuivi par les démons pour être ni jugé ni condamné.J’ai peur que cela donne des idées à certains surtput après celui qui a décapîté un professeur; se rappeler aussi que pour un psychiatre toute personne est un malade mental qui s’ignore.

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