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« Vivement demain » : « il faut retrouver la vérité de la relation et arrêter les messes en vidéo »

Un retour à la normale dans les églises ? Alors que la Pentecôte approche, comment l’Eglise s’organise-t-elle pour assurer la sécurité des paroissiens et des fidèles ? Craint-elle une forme d’absentéisme ? Les témoignages de Mgr Luc Ravel et de Mgr Jean Laverton au micro de Louis Daufresne.

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, le répète : son diocèse a « vécu la violence de l’épidémie » de plein fouet : « c’est une saleté dont les gens ne se remettent pas même 8 semaines après », témoigne-t-il. Quel retour à la normale est-il dès lors possible ?  » Nous nous sommes inspirés de la feuille de route des diosèces allemands voisins », explique-t-il. Un espace de 4 m2 par personne entre autres, même s’il est plus dubitatif sur un port perpétuel du masque : « le désavantage du masque », explique Mgr Luc Ravel, « c’est qu’il ne permet pas de voir le visage de l’autre, on se retrouve mais derrière une barrière ». Pour l’archevêque de Strasbourg, à chacun de discerner sil se sent bien physiquement mais aussi psychiquement pour revenir à l’église. « Il faut aussi songer aux personnes âgées ou handicapées, et les accompagner » en profitant notamment des réseaux de solidarité.

« Une reprise avec une responsabilisation dans le discernement serait une très bonne chose » – Mgr Luc Ravel

Ce retour à la normale passe par une « rééducation à de nouveaux gestes ». En Allemagne, un guichet avec une vitre : « on ne va pas aller jusque-là », lance-t-il. Mais il faut « réapprendre la communion dans la main… Je tiens à ce que l’on reçoive le Seigneur dans la main, sans aucun contact physique… Le fidèle ne répond plus ‘amen’ car il ne porte plus de masque quand il communie, contraitement au prêtre qui, lui, en porte un ».

Mgr Jean Laverton, recteur de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, 2ème lieu le plus visiter de Paris, rappelle que lorsque le confinement a été annoncé le 17 mars, les soeurs bénédictines ont pris le relais pour l’adoration eucharistique de nuit et de jour en alternance avec les prêtres.  « Les ntentions de prière ont pu continuer via notre site et par téléphone », explique-t-il. Le 11 mai, première étape du déconfinement, l’adoration par les fidèles a pu reprendre sur inscription. La rééouverure de la basilique a lieu ce week-end. « Samedi soir, il ua aura une Vigile de la Pentecôte unqiuement avec les catéchumènes, les soeurs et les prêtres », souligne Mgr Laverton, « pour la Pentecôte, nous allons ajouter 3 messes en plus sans inscription préalable ». La basilique ne pouvant recevoir plus de 400 personnes, « les autres seront envoyées dans le jardin où il y aura un autel pour la célébration d’une messe », dit-il. Ce sont 250 à 300 personnes qui pourront ainsi être accueillies dans le jardin. Mêmes règles de sécurité que dans toutes les églises, notamment la communion dans la main sans se toucher, et pour les fdèles « un chemin pour aller, un autre pour repartir ».

« Il faut retrouver la vérité de la relation et arrêter les messes en vidéo » – Mgr Jean Laverton

« Il  faut du temps », reconnaît Mgr Laverton, « car il y a encore beaucoup d’anxiété et d’angoisse ». Et il souligne que le confinement a pu également apporter à certains des choses positives : « cet événement a arrêté un monde qui ne s’arrête jamais, l’occasion ppur chacun de revenir à l’essentiel de sa vie, de vivre de manière personnelle sa relation au Christ, de découvrir ou redécouvrir la prière en famille ». Mais il est temps de retrouver le « don de l’eucharistie, l’offrande du Christ à son père », conlut-il, « c’est la nourriture de l’Eglise, on doit retrouver tout cela peu à peu ».