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Lutte contre la pédophilie : l’Eglise publie son 3e rapport

Réunis du 3 au 8 novembre en Assemblée Plénière par visioconférence, les évêques de France ont fait le point ce jeudi 5 novembre sur la lutte contre la pédophilie au sein l’Église catholique.


« Relever ce défi si urgent et nécessaire »


Après un retour des quatre groupes de travail lancés en novembre 2018 sur le thème de la prévention, de la mémoire, de l’accompagnement des auteurs et des finances, Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard et vice-Président de la CEF, a présenté aux évêques le troisième rapport faisant le bilan de la lutte contre les abus dans l’Église.

« Si la route demeure encore longue pour faire advenir une Église qui soit une maison sûre pour tous, ce nouveau rapport souligne la ferme détermination des évêques d’aller plus loin et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour relever ce défi si urgent et nécessaire », écrit Mgr Luc Crepy, évêque du Puy-en-Velay et président de la cellule permanente de prévention et de lutte contre la pédophilie dans l’introduction.

Après un premier rapport en janvier 2017 et un second octobre 2018, ce troisième rapport d’une vingtaine de pages « donne une vision précise de la situation sur les deux dernières années (2018 à 2020) et permet ainsi d’évaluer le travail mené, tant au niveau local que national, dans l’accueil et l’écoute des personnes victimes, les formations des acteurs pastoraux travaillant avec des jeunes et des enfants, les outils de prévention et les collaborations avec les différents acteurs de la société civile ».

Il présente dans une première partie une mise à jour des chiffres de l’enquête réalisée en 2018 et dans une deuxième partie des repères sur les actions menées.


« La parole s’est libérée »


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Extrait du 3e rapport sur la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise

Ainsi, 320 victimes se sont manifestées auprès des évêques entre septembre 2018 et septembre 2020, soit près d’un tiers de plus qu’au cours des deux années précédentes. Un chiffre en nette augmentation depuis 2016 qui indique que la parole s’est libérée.

Parmi les raisons de cette augmentation, le rapport met en avant le perfectionnement des lieux pour recueillir leur parole : 83 cellules d’écoute sont réparties sur les diocèses, soit 12 de plus qu’en 2018, et les « référents diocésains » se multiplient sur le terrain. À cela s’ajoute un programme de formations : plus de 110 d’entre elles ont été organisées ces 24 derniers mois et ont touché environ 5 000 personnes.

Entre septembre 2018 et septembre 2020, 110 signalements ont été adressés aux procureurs par les évêques, 43 ayant eu lieu après l’année 2000 et 67 avant.

Concernant les auteurs d’agressions, sur les 191 prêtres, religieux et laïcs en mission mis en cause, 8 ont été mis en examen. Il s’agit de six prêtres diocésains et de 2 religieux. 5 ont été incarcérés ou mis sous bracelet, dont quatre prêtres et un religieux.

Parmi les éléments nouveaux, les évêques soulignent « l’implication croissante d’interlocuteurs d’horizons divers dans la collaboration et les interventions avec les diocèses« . Désormais, 15 diocèses ont contracté une convention avec les procureurs compétents sur leur territoire. permettant de faciliter les relations entre l’institution ecclésiale et l’institution judiciaire.


« Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu » (Pape François)


Enfin, le rapport revient sur les grandes étapes menées par l’Eglise depuis 2016 et la publication de son premier rapport et notamment la création de la CIASE (commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) et des quatre groupes de travail de la CEF en novembre 2018 ainsi que d’une « commission nationale indépendante d’expertise ».

Car, comme le rappelle le communiqué des évêques, « pour être efficace et durable, ce travail vise à intégrer l’ensemble des fidèles catholiques et porte sur les différentes dimensions de cette lutte. L’Église catholique a pris conscience que la place des personnes victimes, qui passe par le travail avec elles et par la prise en compte de leur parole, est essentielle dans la démarche engagée. » Et de rappeler les propos du Pape François dans une lettre d’août 2018 : « Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu ».

Ainsi, la Commission d’enquête indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, a contribué à envoyer un signal fort aux victimes, souligne le rapport. Tout comme la « commission nationale indépendante d’expertise », présidée par Alain Christnacht, qui a été saisie, au total à ce jour, de 33 cas, à la demande de 20 évêques et trois responsables religieux. Cette commission, vers laquelle les évêques peuvent se tourner pour demander conseil face à un clerc mis en cause, fait part de quatre recommandations à l’épiscopat dans le rapport. On peut ainsi lire dans un deuxième point que « l’obligation de saisir la Congrégation pour la doctrine de la foi doit encore être rappelée » aux évêques, ce qui entrainerait l’ouverture systématique d’une enquête canonique. Alain Christnacht ajoute dans un troisième point : « En cas de changement de diocèse d’un prêtre condamné pour pédophilie ou suspecté de tels actes, il convient impérativement de donner à l’évêque du diocèse d’arrivée une information complète sur la situation de ce prêtre. »

La lutte contre le fléau de la pédophilie dans l’Eglise est donc encore loin d’être terminée.

 

 

Commentaires

  1. Loin d’avoir achevé sa mission, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, vient d’en clore l’un des volets. . Après avoir reçu quelque 6 500 appels – – depuis le 3 juin 2019, elle doit désormais les exploiter et les confronter avec les données récoltées par d’autres canaux.

    Plus de 1 700 victimes
    « Ce ne sont pas les travaux de la Ciase qui sont terminés mais simplement la première phase de recueils et d’appels à témoignage », résume Sadek Beloucif, l’un des membres de la commission, par ailleurs professeur et directeur d’anesthésiologie et de médecine de soins intensifs à l’Université Sorbonne Paris-Cité.

    « Nous attaquons maintenant une phase d’analyse, précise sa collègue Nathalie Bajos, sociologue-démographe à l’Inserm et responsable de la partie enquête auprès des victimes de la Ciase. Le principe consiste à croiser énormément de données entre elles et à faire dialoguer les différents matériaux obtenus. Nous avons par exemple réalisé de nombreux entretiens qu’il faut mettre en perspective avec des données quantitatives. Il y a aussi des enquêtes anthropologiques menées sur le terrain pour analyser précisément ce qui s’est passé dans certains lieux », détaille la chercheuse précisant que rien que la plateforme téléphonique a permis de faire remplir un même questionnaire par plus de 1 700 victimes.

    Des préconisations d’ici un an
    « Nous avons aussi établi des contacts directs, reçu des lettres, recueilli des témoignages dans le cadre de nos diverses enquêtes ou à la suite des rencontres au sein des évêchés et des congrégations », poursuit un troisième membre de la commission, l’avocat au Barreau de Paris Jean-Marie Burguburu, qui précise que « certains responsables d’Eglise se sont montrés assez coopératifs, d’autres beaucoup moins d autres pas du tout. »

    A l’issue de l’analyse de l’ensemble de ces sources, la Ciase doit remettre ses préconisations en octobre 2021 – l’ensemble du calendrier a été décalé en raison de la pandémie. « La commission n’a pas pour projet de mettre fin à ces épouvantables affaires sexuelles dans l’Eglise mais de donner des instructions très fermes lors de révélations de ce type. Nous allons insister sur le renvoi systématique des cas aux autorités judiciaires afin d’éviter la couverture d’abus comme ce fût le cas par Mgr Pierre Pican et le cardinal Philippe Barbarin. Les évêques pourront ensuite décider de solliciter le Vatican mais dans un deuxième temps et non plus dans une volonté d’enterrer ces dossiers », explique Jean-Marie Burguburu.

    Une mission chrétienne
    L’avocat insiste sur la nécessité de mettre un terme à l’omerta. Mais aussi au transfert des clercs abuseurs d’une paroisse à l’autre « tout en respectant la présomption d’innocence », souligne-t-il. La plateforme a beau avoir été fermée, autant pour permettre d’analyser les témoignages que pour des raisons budgétaires, les membres de la Ciase restent à l’écoute des victimes qui souhaiteraient se livrer. « Nous les entendrons jusqu’au bout, même hors du cadre de notre rapport, assure Jean-Marie Burguburu. Car nous ne sommes pas une machine administrative mais là pour effectuer une mission chrétienne. »

    lettre aux eveques

    Merci de vous interroger sur le suicide des prètres !
    Mais il n est pas nécessaire d ètre theologien pour prendre conscience que ce clergé est victime d un « système » qui a annulé la Ste Parole de Dieu au profit d une tradition qui est criminelle et « lettre morte »
    Aussi évèques trouvez l’ audace de parler en vérité et de demander pardon pour:
    – la non mise en pratique de la STE parole de Dieu
    – la pedophilie, (voir jean marc sauvé)
    – les maitresses cachées(voir association plein jour)
    – la sexualité deviée
    En effet la sexualité est un don de DIEU car: homme et femme IL les crea
    Cependant l eglise catholique a rejeté le mariage des pretres au 12eme siecle et annulé l acte sexuel entre Joseph et Marie! alors qu il est clairement stipulé dans mathieu 1.verset 25 (version A .E. L. F.) je cite
    Joseph prit sa femme chez lui mais ne s unit a elle qu après la naissance de Jesus
    Donc ayez le courage de redresser ce qui a été tordu ,pour le bien de Tous!

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