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Vœux de Noël du pape : de la crise naît l’Espérance

Dans son discours de vœux de Noël à la Curie romaine, le pape François a incité les croyants de voir la crise comme un tremplin spirituel, comme un moyen de se rapprocher du Christ.

Pope Francis meets in audience with Vatican employees for presentation of Christmas greetings at Paul VI Hall , in Vatican, on December 21, 2020. Photo by Catholic Press Photo/IPA/ABACAPRESS.COM Jorge Mario Bergoglio Pope Francis Pape Francois I Pape Francois 1er Pape Francois Francesco Francis I Francois 1er Francois I Francis Francois (pape) Bergoglio Jorge Mario Francisco Francisco I Francois (pape) Francisco Francis Bergoglio Jorge Mario Jorge Mario Bergoglio Francisco I Francois I Pape Francois I Pope Francis Pape Francois 1er Francesco Francis I Francois 1er Pape Francois | 751083_007 Vatican City Vatican Vatican (or Holy See)
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A Noël particulier, cérémonies particulières. Le pape François a prononcé son traditionnel discours de vœux de Noël à la Curie romaine ce lundi matin, un discours teinté, sans surprise, de Covid-19. Cette allocution n’est pas sans rappeler la prière exceptionnelle donnée par le pape le 27 mars dernier sur une place Saint-Pierre vidée de ses pèlerins et sous une pluie assombrissante.

Noël de la pandémie

Ce lundi, durant un peu moins d’une heure, le Saint-Père a livré une réflexion plus large sur la crise sanitaire que nous traversons et sur ce qu’elle peut nous apporter dans notre for intérieur. Il a d’abord expliqué que cette pandémie mondiale aux conséquences tragiques peut aussi être vue sous un angle nouveau. Elle peut être saisie comme l’occasion de prendre un nouveau rendez-vous avec nous-même : « Ce fléau est une mise à l’épreuve et, en même temps, une grande occasion de nous convertir et de retrouver une authenticité« . Ce Noël de la pandémie peut en ce sens nous rapprocher du Christ qui, lui aussi, a connu la mise à l’épreuve. Comme le Christ en Croix, il nous faut être « désarmé, humble et dépouillé » pour nous retrouver.

Cette « tempête », celle qui bouscule notre quotidien et notre petit confort, redéfinit aussi les priorités et incite à plus d’introspection : « La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités ». « C‘est de la tempête que l’on reconnaît le capitaine« , affirmait déjà Victor Hugo en son temps. Le pape affirme aussi que c’est au cœur de l’orage que le meilleur prend racine, et notamment, cette amitié sociale tant valorisée dans son Encyclique « Fratelli Tutti« .

Voir la crise comme un signe de la Providence

Voir la crise comme un signe de la Providence, c’est le constat que rendait le pape dans ce texte rendu public le 3 octobre dernier. Deux mois plus tard, il poursuit sa réflexion sur les contours de la crise et la conçoit désormais comme une « étape obligatoire de l’histoire personnelle et sociale« . Le Primat d’Italie n’oublie pas de mentionner la racine étymologique de ce mot grec krino qui signifie « séparer » : « la crise est ce tamis qui nettoie le grain de blé après la moisson« , résume-t-il.

Il n’y a d’ailleurs pas de grandes étapes de la Bible sans grande crise. Le pape en veut pour preuve les différents épisodes de la vie de Jésus : les tentations, Gethsémani, solitude, peur, angoisse, la trahison de Juda et l’abandon des Apôtres. Il faut donc aller au-delà des apparences de la crise, car derrière elle se révèle en réalité « un temps de l’esprit« , précise le pape argentin. Ce dernier prend ainsi pour exemple les belles chaînes de solidarité qui ont émergé depuis le début de la pandémie. Il en a d’ailleurs profité pour rendre hommage au personnel de la Curie pour leur travail « humble, discret, silencieux, loyal, professionnel, honnête ».

Ne pas confondre crise et conflit

A travers ces nombreux exemples, le pape a aussi tenu à différencier le concept de crise et celui de conflit. Si ces deux notions ont la même origine, les conséquences peuvent être davantage positives pour l’une que pour l’autre. Par conséquent, le chef des chrétiens a appelé l’Eglise à « ne pas devenir un corps en conflit avec des vainqueurs et des vaincus« . Le caractère « sain » de la crise que traverse aujourd’hui l’Eglise doit à l’inverse pouvoir faire émerger de belles nouveautés.

Il faut donc accepter la crise, à l’échelle personnelle mais aussi à l’échelle de la société, pour en faire rejaillir le meilleur. « Toutes les résistances que nous mettons à entrer dans la crise, en refusant de nous laisser conduire par l’Esprit durant le temps d’épreuve, nous condamnent à rester seuls et stériles. En nous défendant de la crise, nous faisons obstacle à l’œuvre de la grâce de Dieu qui veut se manifester en nous et à travers nous« , résume le Saint-Père. Rappelant au passage cette citation biblique : « Lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort« .