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Le pape François appelle à respecter l’union civile pour les homosexuels

Dans un documentaire diffusé lors de la Fête du cinéma de Rome, mercredi 21 octobre 2020, le pape François a appelé à respecter le droit des personnes homosexuelles à vivre une « union civile. »

Le pape François se positionne une fois de plus en opposition avec ses prédécesseurs.
Le pape François se positionne une fois de plus en opposition avec ses prédécesseurs sur les droits des personnes homosexuelles.

Le Pape François a défendu mercredi 21 octobre 2020, le droit pour les couples gays,  » enfants de Dieu « , de vivre au sein d’une « union civile. » Ces propos ont été tenus dans Francesco, un documentaire réalisé par Evgeny Afineevsky et présenté pendant la Fête du cinéma à Rome. Ce long-métrage revient sur les temps forts des sept premières années du pontificat du pape François.

Un témoignage avec un homosexuel catholique, Andrea Rubera, père de trois enfants, qui s’inquiétait dans une lettre de pouvoir fréquenter ou non son église, a notamment marqué le pape François. C’est après cette séquence que le Saint-Père parlera des unions civiles : « Les personnes homosexuelles ont des droits à être dans une famille, ils sont enfants de Dieu. On ne peut pas expulser quelqu’un d’une famille ou lui rendre la vie impossible pour cette raison. Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union civile, car ils ont le droit à une couverture légale. C’est ce que j’ai défendu. »

Le pape François et les droits homosexuels

L’intégration des homosexuels dans l’Eglise n’est pas un combat nouveau pour le pape François. Son biographe Austen Ivereigh l’écrivait déjà en 2014 dans The Great Reformer: Francis and the Making of a Radical Pope. En 2010, alors qu’il était encore archevêque de Buenos Aires, Bergoglio s’était fermement opposé au mariage entre des personnes de même sexe, l’un des proches du cardinal avait déclaré à Austen Ivereigh, « Il favorise la meilleure inclusion possible pour les personnes homosexuelles et l’expression de leurs droits dans la loi. Mais jamais il ne compromettra l’unicité du mariage – qui se fait entre un homme et une femme pour le bien des enfants. »

De retour d’un voyage au Brésil en 2013, le Pape François avait également déclaré,  » Si une personne est homosexuelle, cherche Dieu et est de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » L’ancien cardinal de Buenos Aires a rencontré plusieurs personnes homosexuelles dans sa vie, et a entendu les rejets et les violences dont ils étaient victimes dans leurs familles et en dehors. En 2017, dans un livre d’entretiens réalisé par la sociologue Dominique Wolton, il réaffirme cependant  » Disons les choses comme elles sont : le mariage c’est un homme et une femme. Ça c’est le terme précis. Appelons l’union du même sexe, union civile. » 

Les déclarations du Pape François dans le documentaire diffusé mercredi 21 octobre semblent novatrices, et elles le sont par rapport au dogme de l’Église catholique; mais cela fait plusieurs années que le Saint-Père défend les droits des homosexuels et prône leur acceptation dans les paroisses.

Un pape en opposition avec ses prédécesseurs

En 2003, un document officiel de la Congrégation pour la doctrine de la foi (gardien du dogme au Vatican) qui s’opposait à une « reconnaissance juridique des unions homosexuelles » avait été signé par différents religieux, dont le cardinal allemand Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI. Celui-ci avait écrit en conclusion  » Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité. » En 2016, le pape Benoît XVI rappelait également les « menaces contre la famille », à savoir « l’homosexualité, l’avortement et la contraception. » comme on peut le voir dans une archive de l’INA publié par Yahoo Actualités.

En ce jeudi 22 octobre 2020, comment ne pas penser au pape Jean-Paul II, saint du jour. Au micro de Louis Daufresne dans notre émission Le Grand Témoin, Alain Vircondelet, auteur de  » Jean-Paul II, vie et mort d’un géant », déclare  » il n’y a pas de timing innocent. […] il est vrai que Jean-Paul II a toujours manifesté face à ce problème de l’homosexualité. Ça a été un moment charnière dans son pontificat, […] dès lors qu’il a parlé lors d’une visite en Ouganda dans un dispensaire où survivait des malades du SIDA, il a eu cette phrase qui a bouleversé le monde en disant que le contrôle de soi et la chasteté étaient les seuls moyens vertueux et sûrs pour vivre, et donc que l’homosexualité devait être mis en veilleuse si quelqu’un en était atteinte. » Dans les archives de l’INA, on retrouve également la déclaration d’un journaliste en 1987 qui déclare : « Jean-Paul II a rappelé les grands principes de l’Église. Il a dit non à la bande des quatre péchés de notre époque : la contraception, le divorce, l’homosexualité et l’euthanasie. »

En 2018, le pape François avait lui-même déclenché une polémique après avoir déclaré « quand [l’homosexualité] se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie » dans un avion le ramenant d’Irlande, avant de se reprendre; le Vatican expliquant que le pape François s’était mal exprimé et avait «mélangé les notions de psychiatrie, psychanalyse et psychologie» selon le Checknews de Libération.

Avec AFP