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Haut- Karabakh : « L’Azerbaïdjan ne s’arrêtera pas à cette victoire »

Lundi 7 décembre 2020, Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine, était l’invité de Yves Delafoy. De retour du Haut-Karabakh, il raconte les conditions actuelles difficiles et prédit un avenir inquiétant pour le peuple arménien.

" Les Arméniens se sentent humiliés, et vivent une situation humanitaire catastrophique."
 » Les Arméniens se sentent humiliés, et vivent une situation humanitaire catastrophique. En plus, ils ont été très touchés par le Covid. » raconte Jean-Christophe Buisson.

L’émission de lundi 7 décembre aborde deux sujets d’actualité avec Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine. Yves Delafoy revient d’abord sur la disparition de l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, puis questionne notre invité sur le Haut-Karabakh. Jean-Christophe Buisson s’y est rendu à plusieurs reprises, notamment dans les hôpitaux.

« Certains ont pris conscience de ce qu’il se passait là-bas, à commencer par Emmanuel Macron qui a désigné un agresseur, sous entendu il faut faire quelque chose, explique Jean-Christophe Buisson, cependant rien n’a été fait pour des raisons qui peuvent être liées à des accords économiques avec la Turquie, à une pression médiatique, ou au fait qu’elle peut ouvrir le robinet à tout moment pour laisser partir des centaines de milliers de migrants ». Les Arméniens se sentent humiliés et vivent dans des conditions difficiles actuellement.

Le conflit du Haut-Karabakh opposait l’Azerbaïdjan et l’Arménie depuis près de six semaines de combats meurtriers. Le cessez-le-feu a été signé après l’intervention de la Russie, et est entré en vigueur lundi 9 novembre dernier, à 22 h – signant ainsi la victoire des forces azerbaïdjanaises.

« L’Azerbaïdjan ne s’arrêtera pas à cette victoire qui a été arrêté par le cessez-le-feu. Le sud de l’Arménie sera le prochain enjeu de l’Azerbaïdjan ». Un véritable danger pour l’Arménie mais aussi pour le reste du monde puis que des djihadistes sont venus de Turquie pour se battre aux côtés de l’Azerbaïdjan, et ne retourneront pas en Turquie selon Jean-Christophe Buisson. Plusieurs dangers sont évoqués par le co-directeur du Figaro Magazine entre risques de récidives, crime de guerre, perte du patrimoine arménien, mais aussi une hécatombe démographique à prévoir : « Il y a 35 mille naissances par an en Arménie, dont 15 000 garçons environ. On estime à environ 4000 jeunes de 18-20 ans qui sont morts dans ce conflit et qui ne feront pas d’enfants ».