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Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient : « la neutralité des pouvoirs publics, c’est un cadre, mais ça ne signifie pas l’athéisme dans l’espace public »

Le directeur de l’Œuvre d’Orient est ce 15 décembre « Le Grand témoin » de Louis Daufresne. Mgr Pascal Gollnisch revient notamment sur la polémique qu’il y a eu avec Radio France.

Tout est bien qui finit bien : les spots publicitaires de l’Œuvre d’Orient seront finalement diffusés sur Radio France. Petit retour sur cette polémique. « Radio France disait que leur cahier des charges leur imposait de ne pas choquer les convictions religieuses des auditeurs. C’est une laïcité du vivre ensemble que je comprends », souligne le directeur de l’Oeuvre d’Orient au micro de Louis Daufresne, tout en dénonçant le passage imperceptible d' »une laïcité du vivre ensemble à une interprétation de laïcité s’exclusion » interdisant la référence religieuse dans les spots publicitaires. Une absurdité selon Mgr Pascal Gollnisch, tout comme la Ratp lorsqu’elle a autrefois refusé les affiches de l’Oeuvre d’Orient car la mention « chrétiens d’Orient » était partie prenante à un conflit. « J’espère qu’avec France Télévision, on ne va pas nous redire que c’est impossible parce qu’on est relié à l’Archevêque de Paris », ajoute Mgr Gollnisch.

« Ce n’est pas en pratiquant une laïcité de l’exclusion que l’on calmera le séparatisme »

« Beaucoup de choses sont dites qui n’ont rien à voir avec la laïcité », explique-t-il, « par exemple, on dit que l’on n’a pas le droit de porter de signes visibles religieux dans la rue en France, sauf peut-être les professionnels, je découvre que je suis un professionnel… ça n’a aucun sens et cela n’est dit par aucun texte ». Il rappelle que la loi 1905 ne fait pas une seule fois mention du mot « laïcité ». « L’Etat est garant de la liberté de culte », dit-il, « notre Constitution le rappelle, la République respecte les croyances, je suis tout à fait favorable à cette laïcité du vivre ensemble ». Mgr Pascal Gollnisch ajoute : « Je pense que la neutralité des pouvoirs publics, c’est un cadre, mais ce n’est pas l’athéisme dans l’espace public, pour les utilisateurs des services publics et pour l’opinion publique« . « Au nom du danger supposé de l’islam, on restreint les droits des catholiques, la technique est un peu simple, il y en a ras-le-bol », lance-t-il, « ce n’est pas en pratiquant une laïcité de l’exclusion que l’on calmera le séparatisme ».

Liberté de croire ou de ne pas croire ?

« Cela se passe dans votre tête », explique Mgr Pascal Gollnisch, « on ne va pas envoyer un garde mobile dans votre cerveau pour savoir si vous croyez ou non. Aucun gouvernement sérieux ne prétend réguler cette liberté, ce n’est pas ça la laïcité ! ». Et Mgr Pascal Gollnisch poursuit : « Certains disent que les droits de l’Etat sont au-dessus des lois de Dieu. Pour le croyant que je suis, comme pour le croyant musulman, ou pour le croyant juif, si j’ai le choix entre la loi de l’Etat et la loi de Dieu, je vais laisser tomber Dieu pour l’Etat ? C’est, de la part de l’Etat se prendre pour une idole », conclut-il, « l’Etat a compétence dans le domaine de l’Etat, il n’a pas compétence sur tout : la laïcité, c’est un équilibre entre le rôle de l’Etat et la liberté religieuse qui n’est pas simplement la liberté de croire et de ne pas croire ».

Mgr Pascal Gollnisch évoque par la suite le cas de jeunes musulmans qui se convertissent au christianisme dans certains pays qu’ils sont obligés de fuir. Il dénonce le rôle « étrange » que joue, selon lui,  l’OFPRA quand ils demandent asile en France.

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