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Jean-Luc Ginder : « nous allons entrer dans une économie solidaire » 

Le Grand Témoin – Pandémie de Covid-19 : quel impact sur l’économie mondiale ? Jean-Luc Ginder, économiste, essayiste spécialiste de la macro économie et de l’économie de l’Energie, répond aux questions d’Yves Delafoy.

« Il y a un nouveau monde qui se dessine ». Jean-Luc Ginder se veut d’abord résolument optimiste. Il se veut aussi lucide : « nous n’avons jamais connu une crise de ce type, elle se caractérise par une crise de l’offre et de la demande ».

Il dresse alors un tableau de ce qui nous attend : le travail va devenir quelque chose de rare, les entreprises vont être impactées, la dette publique mondiale aussi. « Ce virus est un accélérateur », dit-il, « il va jouer sur l’inégalité sociale et salariale ».

Pour Jean-Luc Ginder, nous étions déjà entrés, avant la pandémie, dans une « crise institutionnelle », notamment avec le mouvement des gilets jaunes et la dénonciation de « ce monde où l’argent produit de l’argent ».

Le monde d’après ?

Dès lors, qu’est-ce qui nous attend dans les mois à venir ?  Un chômage de masse (30 %), selon Jean-Luc Ginder, de l’inflation avec de l’épargne croissante, une crise de l’offre et de la demande, une « crise de l’économie réelle », dit-il.

Pour lui, l’intervention de l’Etat est un élément crucial. « Une phase keynésienne, le soutien de l’Etat, sera indispensable, pour que la reprise se fasse avec passion, force et respect.. Il va falloir financer l’unité solidaire ».

« La pauvreté va s’accélérer, l’urgence sociale est là », explique Jean-Luc Ginder qui appelle de ses voeux la mise en place de ce qu’il appelle un « revenu minimal vital, le RMV ». Pour cela, continue-t-il, « il va falloir préléver une taxe Covid-19 sur les mouvements et marchés financiers… Après, l’économie reprendra », affrime l’économiste.

Relocaliser

A juste titre, il s’agit aussi de contrôler la production locale : « soyons prêts à acheter à juste prix ce qui est produit sainement avec une volonté de relocalisation, cela veut dire de la création d’emplois, peut-être moins payés mais plus pérenne », souligne Jean-Luc Ginder. A ses yeux, on va fondamentalement vers « une économie de la cohérence, du respect, de la bienveillance, de l’honnêteté, de la confiance et surtout de la compétence ». « La société va apprendre la valeur des choses, la qualité des produits, la valeur ajoutée de l’économie réelle qui ne se disperse pas dans des calculs fondamentaux mondiaux », ajoute-il, avant de conclure : « cela se fera en harmonie avec la nécessaire transition écologique et cela passera par une reconsidération des écarts salariaux ».