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L’Inde : géant démographique, nain économique. Quel avenir face au coronavirus ?

Rappelons que ce pays frontalier de la Chine, avec une population équivalente de l’ordre d’un milliard trois cent millions d’habitants, produit un PIB cinq fois inférieur à celui de son voisin, pratiquement équivalent à celui de la France ! Quelle signification socio-économique ? Leur PIB individuel est dix fois inférieur au nôtre et l’élite en contact avec les Occidentaux masque l’extrême pauvreté du peuple.                   

L’Inde est la quatrième puissance agricole mondiale. L’agriculture représente 14,6% du PIB et emploie environ 43,2% de la population. Les produits agricoles principaux sont le blé, le millet, le riz, le maïs, la canne à sucre, le thé, les pommes de terre et le coton. L’Inde est aussi le second plus grand producteur de bétail, le troisième producteur de mouton, et quatrième producteur halieutique au monde. Le secteur industriel emploie un quart de la main-d’œuvre, et représente 26,7% du PIB. Le charbon est la principale source d’énergie du pays. Le textile joue un rôle prédominant dans le secteur manufacturier.

L’industrie chimique est le second secteur industriel, mais le secteur tertiaire est la partie la plus dynamique de l’économie. Il contribue à plus de la moitié du PIB du pays (49,1%), et emploie seulement 31,8% de la main-d’œuvre. La hausse rapide du secteur des logiciels informatiques a stimulé l’exportation de services et modernisé l’économie : le pays a capitalisé sur sa  population qualifiée et anglophone pour devenir un exportateur majeur de services informatiques, fournisseur de services de sous-traitance commerciale et de création de logiciels.                                                Malheureusement l’Inde demeure l’un des grands pays où le nombre de cas du Covid-19 est plus important chaque jour. Avec 10 000 cas et près de 300 décès quotidiens, New Delhi est sur le point de dépasser l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne, pour devenir le quatrième pays le plus touché du monde avant de prendre, hélas, la première place. L’une des raisons est l’augmentation des cas dans les campagnes, qui avaient jusqu’à présent été largement épargnées. Depuis quelques semaines, plus de 6 millions de travailleurs journaliers ont fui les villes à l’arrêt, par des trains spéciaux, vers leurs campagnes d’origine. Des millions d’autres ont fait le trajet en bus, à vélo, voire à pied. Or ces migrants internes emportent souvent avec eux le coronavirus dans des zones qui n’étaient pas encore touchées. Dans l’État pauvre du Bihar, 70% des personnes infectées sont ainsi des travailleurs récemment rentrés. Dans l’État de l’Odisha, qui a vu le retour de 450 000 personnes, 80% des cas de coronavirus se trouvent maintenant en campagne.

Et ces zones rurales ne sont pas équipées pour faire face à la pandémie. Dans les grandes villes « riches » comme New Delhi ou Bombay, qui ont beaucoup d’hôpitaux privés, on refuse des patients par manque de lits ou de respirateurs. Dans les campagnes, où la population dépend presque uniquement des hôpitaux publics sous-équipés, la situation est devenue catastrophique.

Le coronavirus  frappe durement l’économie les pays développés et c’est un drame pour le milliard d’Indiens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ?

La situation de l’Inde pose un question de géopolitique morale : une planète de sept milliards d’individus peut-elle supporter un épidémie comme le Covid 19 sans que son existence même soit remise en question ?

Aujourd’hui des vaccins semblent pouvoir apporter les remèdes attendus, mais le coronavirus exige que l’humanité recherche les conditions de sa survie : n’oublions pas la leçon du virus, c’est une exigence absolue.