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Le Royaume Uni est face au Covid 19 et au Brexit

Que peut, et que veut faire Boris Johnson, face à ces crises sans précédent ?

La récession économique du pays serait la pire depuis trois cent ans selon un éditorial du Figaro. Entre mars et mai, le PIB aurait perdu plus de 19% et au niveau de l’année 2020 la contraction serait de 10%. Ce sont les secteurs des services et de la construction qui seront les plus touchés.

En annonçant la levée progressive du confinement, le gouvernement avait prévenu qu’il pourrait mettre en place des restrictions au niveau local pour contenir une nouvelle vague incontrôlée de contaminations. Cette levée progressive du confinement est délicate pour Boris Johnson, critiqué sur sa gestion, qui a fait 50 000 morts au Royaume-Uni, pays le plus touché d’Europe. Une reprise de l’activité  a lieu dans la distribution, avec les ventes en ligne, mais le rebond est trop faible pour rassurer les marchés. Beaucoup doutent d’une reprise d’une activité se redressant aussi rapidement que la violence de la contraction et cela malgré les 322 milliards de livres souscrits par le secteur public.

Concernant le Brexit, les négociations avec l’Europe sont dans l’impasse. Le nouvel accord conclu entre Boris Johnson et les Européens supprime et remplace le « backstop ». Les rounds de négociations se poursuivent péniblement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, tandis que les diplomates britanniques accentuent leurs efforts pour satisfaire les ambitions de la Global Britain à laquelle Boris Johnson est tant attaché. Les discussions se sont engagées avec plusieurs États de l’Asie et du Pacifique à cette fin.

Le 29 juin a marqué la reprise des négociations physiques entre David Frost et Michel Barnier après deux semaines de suspension, mais surtout par le dépassement de la date fixée par l’accord de sortie pour une demande d’extension de la période de transition. Il est donc acquis en droit que les deux parties sont contraintes de trouver un accord avant la fin de l’année pour éviter un no deal sur la relation future. Le dernier point d’étape du chef de la task force ne suscitait guère l’optimisme. Le travail a repris sur les aspects sectoriels les plus sensibles (pêche, level playing field et coopération pénale). Ce nouveau round s’est encore achevé sur le constat désormais récurrent que de sérieuses divergences demeurent. Michel Barnier l’a une fois de plus expliqué dans sa conférence de presse du 2 juillet et au Sénat français. Après la période de transition, qui se terminera le 31 décembre 2020 (ou 2022 si elle est prolongée une fois), l’accord prévoit que l’Irlande du Nord continue d’appliquer une partie de la réglementation européenne.

Les marchandises produites en Irlande du Nord pourront ainsi continuer d’entrer dans l’UE sans contrôle, tandis que les produits importés en Irlande du Nord depuis le reste du Royaume-Uni ou de pays tiers – et ayant vocation à être vendus sur le marché européen – seront contrôlés aux points d’entrée de l’Irlande du Nord, et non pas à la frontière avec la République d’Irlande.

Quatre ans après la fin de la période de transition, l’assemblée d’Irlande du Nord pourra décider de reconduire ou d’abandonner les règles européennes. Si cette dernière décide de les reconduire avec une majorité intercommunautaire simple, rassemblant unionistes et nationalistes, ou avec 60 % des voix mais au moins 40 % d’approbation des nationalistes et des unionistes, ces règles seront appliquées pendant huit autres années, avant un nouveau vote de l’assemblée sur la question. En cas d’approbation sans que l’une de ces deux conditions soit remplie, la reconduction aura lieu pour quatre ans, avant un nouveau vote. En revanche, si les membres de l’assemblée décident d’abandonner les règles européennes, celles-ci seront maintenues deux ans, le temps de trouver une solution alternative… ou non. Dans ce dernier cas de figure, un rétablissement de la frontière entre les deux Irlande ne serait plus exclu.

Le Royaume Uni semble ignorer l’ampleur de la crise géopolitique suscitée par le Covid 19 et le Brexit. Personne ne peut prédire les évènements qui se produiront  d’ici la fin de l’année, mais une certitude : l’Europe doit s’unir, à commencer par Londres et Paris.

En cette crise mondiale sans précédent, l’exemple de l’alliance historique de 1940 entre Churchill et de Gaulle demeure, plus que jamais, un exemple.